L’ÉTAT DÉMANTELÉ.
Enquête sur une révolution silencieuse
Ce collectif qui offre un large tour d’horizon des changements de l’action publique dans différents secteurs (pôle emploi, inspection du travail, éducation nationale, université, justice, hôpital…) est dans l’ensemble moins unilatéral que son titre. Car, comme le montrent les analyses de détail et même en partie l’introduction, le « démantèlement » dénoncé ne décrit qu’une face des changements en cours, la réduction du périmètre de l’action publique, mais décrit assez mal le mouvement concomitant de centralisation de l’autorité qui est particulièrement marqué sous le gouvernement actuel. Même si l’introduction parle de « caporalisation » pour tenir compte de ces changements de la relation hiérarchique, il aurait été intéressant de pointer, comme l’indiquent plusieurs contributions, le paradoxe d’un État qui apparaît sur le recul alors qu’il prétend aussi affirmer un contrôle plus étroit sur le travail des fonctionnaires. Du coup, le discours militant (« défense de la civilisation ») laisse insatisfait car il ne dit rien de la forme que devrait prendre, en particulier sur cette question de l’autorité, ce contrepied à l’État « modeste » que le volume appelle de ses vœux.
M.-O. P.