CAPOLAVORI. CHEFS-D’ŒUVRE


De Livio Vacchini, un architecte qui vit en Suisse, on connaît peut-être l’école d’architecture de Nancy ou le gymnase de Losone. Mais, à lire ces chroniques d’une rare densité, on l’imagine discret, concentré et indifférent aux bruits de la communication tant il s’y efforce, par l’écriture et la pensée, de comprendre non pas le secret mais l’énigme de constructions, monuments ou bâtiments architecturaux. Une énigme qui laisse croire que les principes de l’architecture renvoient à une sorte d’éternité où l’homme et la nature parviennent à nouer une alliance avec la lumière pour laisser des traces visibles. En quelques pages à chaque fois, il scrute successivement douze « architectures » dont il s’efforce de dégager la structure et la dynamique (il s’agit du trilithe, dolmen, de Stonehenge, des pyramides de Guizèh, du Parthénon, de Teotihuacan, de la Mezquita de Cordoue, de Tikal, du quadrilatère des nonnes à Uxmal, de l’église des Jacobins à Toulouse, de la mosquée de Selimiye, de l’église Sant’Ivo à Rome, de Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp). Soucieux de participer à un rite, de célébrer le travail fait par ceux qui ont précédé, de restituer leur pensée, « le regard de Vacchini sur le passé, comme celui de Mies ou de Kahn avant lui, n’a rien d’historiciste, il n’en tire aucun mimétisme. Il est aux antipodes des “néoclassicismes”, du postmodernisme ou du maniérisme moderne. Il écarte tout bavardage pour aller aux sources de l’invention véritable. » Voilà ce qu’écrit l’architecte Christian Devillers dans la préface amicale qu’il a rédigée pour cet ouvrage qui scrute l’acte fondamental de construire. Celui qui est rythmé par trois verbes : appuyer, élever et couronner. Toutes proportions gardées, ces petits écrits sont aussi des chefs-d’œuvre dans leur ordre.

O. M.

Éditions du Linteau, 2007
80 p. 12 €