L’AVANTAGE MÉTROPOLITAIN
Utilisé à tort et à travers comme un terme miraculeux renvoyant à la ville qu’il faudrait faire, la métropole correspond à une dynamique urbaine effective à l’échelle planétaire. De même correspond-elle à des formes et à des types d’organisation urbaine que traduisent les notions de « ville globale » (Saskia Sassen) et de « ville d’exception » qui ont pour particularité de se couper de leur environnement proche, local ou national (au profit du branchement sur le réseau global des métropoles), et de diluer les fonctions au profit d’indicateurs valorisant, actions phares, événements ou marques. La force de cet ouvrage est de fournir le point de vue d’un économiste (la notion d’avantage comparatif est ici significative) sur les avantages de la métropole dès lors qu’elle n’est pas seulement destinée à déconnecter un territoire mais à la reconnecter à toutes les échelles (en fonction de toutes les vitesses propres au réseau), et qu’elle prend en compte la dimension sociale (d’où l’excellente expression : « Métropoliser les villes, urbaniser les métropoles »). Très riche, astucieux, innovateur et informé, cet ouvrage invite à une prise en compte des tendances spécifiques des pratiques métropolitaines (Philippe Estèbe, Christian Lefèvre) et s’oppose à l’hypothèse d’un bon modèle de gouvernance métropolitaine. Alors que vient de naître, sous l’égide de Frédéric Gilli et Philippe Simay, le site Métropolitiques (www.metropolitiques) et l’association Les Métropolitaines, la thématique des métropoles peut relancer la réflexion sur la réforme des collectivités territoriales… qui est toujours à venir.
O. M.