VIOLENCE DE LA RENTE PETROLIERE
Auteur d’un ouvrage de référence sur l’Algérie et d’une étude sur la Libye, Luis Martinez propose une réflexion sur les États pétroliers qu’il élargit à l’Irak. Alors que la mondialisation économique n’assure pas spontanément le lien entre capitalisme et démocratie, comme le montre l’exemple chinois, les États de la rente pétrolière sont caractérisés par des pouvoirs, le plus souvent proches de l’armée, particulièrement répressifs. Comment comprendre alors que la rente soit à ce point un instrument de pérennisation des structures de pouvoir et de leur durcissement ? Mais, surtout, comment admettre cette incapacité de ces régimes à (se) réformer et à redistribuer l’argent de la rente comme c’est caricaturalement le cas en Algérie ? « Dans un contexte de violence sociale et politique, Abdelaziz Bouteflika et Mouamar Kadhafi présentent le paradoxe d’être des chefs d’État riches, mais incapables de répondre à la demande sociale. Des émeutes secouent régulièrement l’Algérie et occasionnellement la Libye. De plus et comme en Irak, la violence terroriste continue à prospérer, avec la complicité ou non des services de sécurité. Cette violence est utile : elle voile les mécanismes de fonctionnement des régimes et maintient l’illusion de la menace islamiste. »
O. M.