The Box

Comment le conteneur a sauvé le monde


Ce livre raconte l’histoire américaine du « conteneur », et plus particulièrement le rôle joué par un camionneur, Malcolm Mac Lean, qui a eu l’idée de faire transporter, en avril 1956, 58 boîtes en métal dans un bateau qui reliait Newark à Houston. Mac Lean avait compris que la boîte (the Box) ne correspondait pas à un type de transport parmi d’autres (maritime, ferroviaire ou routier) puisqu’elle avait pour spécificité de faire le lien entre tous les types de transport. Depuis, le conteneur est le symbole d’un univers de transports interconnecté et à plusieurs vitesses où les flux ne sont plus ralentis par des temps d’arrêt, et où le conteneur permet d’éviter les stockages inutiles. Ce que traduit la formule qui caractérise aujourd’hui tous les grands ports de conteneurs de la planète : « Flux tendu, stock zéro. » Le livre, qui se focalise sur les États-Unis, souligne également la réussite de Singapour (aujourd’hui le plus grand port de conteneurs du monde) et rappelle la limite « asiatique » de la taille d’un porte-conteneurs (le Malaccamax correspond à la taille limite d’un bâtiment pouvant franchir le célèbre détroit de Malacca qui relie la Malaisie à l’Indonésie : 402 mètres de long sur presque 58 mètres de large). Mais l’histoire américaine est instructive sur les capacités d’anticipation du marché comme des États : les responsables du port de New York chargés de sa rénovation, tout comme les agents de l’État ou les acteurs du marché, ont multiplié les erreurs et n’ont pas envisagé le rôle décisif du conteneur et la révolution technique qu’il représentait en voulant le réduire à un type de transport aux dépens des autres. Reste un aspect du conteneur qui n’est pas ici pris en compte : l’esthétique du conteneur, devenu autant un objet de fascination pour les designers qu’une solution pas toujours convaincante au mal-logement étudiant dans des villes comme Amsterdam ou Le Havre.

O. M.

Max Milo, 2011
478 p. 24,90 €