LA SITUATION POSTCOLONIALE
Les Postcolonial Studies dans le débat français
Esprit présentait en décembre 2006 un dossier sur les principales thèses de la pensée postcoloniale en écho aux travaux de nombreux penseurs étrangers, à commencer par Achille Mbembe. Cet ouvrage collectif réunit politistes et anthropologues français qui s’intéressent à cette école de pensée, il en ressort des désaccords, des divisions et des polémiques au sein même de la communauté savante. Entre ceux qui portent un regard négatif, les adeptes du relativisme et ceux qui reconnaissent l’universalité des valeurs européennes, le fossé peut être béant. Mais l’originalité de ce collectif est la présence continue de Georges Balandier, l’un des africanistes auxquels l’œuvre monumentale de Claude Lévi-Strauss a fait de l’ombre, qui nuance la singularité de thèses qui étaient, selon lui, déjà énoncées dans les années de l’après-guerre. La conclusion d’Astrid von Busekist recadre bien les débats que l’émergence des études postcoloniales permet de poser dans l’esprit d’un universalisme pluraliste et comparatiste cher à Vincent Descombes. « L’anthropologie dit que le local peut être une métonymie du général ; les études postcoloniales sont portées à dire que “la voix du régional se veut universelle (R. Dworkin)”. Un mouvement inversé en somme qui voudrait plier le savoir ou la mise en forme universelle sur la compréhension et le savoir locaux […] Ce que montrent bien les trois volets ouverts par la discussion sur l’universalité : celui de la commensurabilité des universaux, celui de la prétention à la vérité universelle, celui de la relation entre ethnocentrisme et universalisme. »
O. M.
O. M.