La « Révolution nationale » en 100 jours, et comment l’éviter de Pierre-Yves Bocquet


Moins de cent jours. C’est tout ce qu’il faudrait à Marine Le Pen pour transformer la France en une « démocratie illibérale, xénophobe et autoritaire  », selon Pierre-Yves Bocquet, si le Rassemblement national venait à accéder au pouvoir. L’auteur alerte notamment sur la portée du « référendum sur l’immigration », déposé par le parti d’extrême droite à l’Assemblée nationale le 25 janvier 2024, contenant des modifications substantielles de la Constitution : l’inversion de la hiérarchie des normes, la suppression du droit du sol et l’introduction de la « priorité nationale », reprise assumée de la « préférence nationale » brandie par Jean-Marie Le Pen trente ans plus tôt. C’est la première fois qu’une proposition de révision constitutionnelle tend à affaiblir les droits fondamentaux plutôt que de les accroître, consacrant une véritable « xénophobie légale ». En outre, l’utilisation de l’article 11 de la Constitution pour faire adopter la réforme, outrepassant la procédure régulière de révision constitutionnelle prévue à l’article 89, détourne le référendum à des fins démagogiques et participe à l’exacerbation d’un régime présidentialiste plébiscitaire. Mais Pierre-Yves Bocquet ne bascule pas dans le fatalisme, expliquant que « si le péril est bien réel, il est possible de l’éviter ». Tout d’abord, l’avis du Conseil constitutionnel ainsi que celui du Conseil d’État – désormais rendus publics – s’ils s’avéraient défavorables, provoqueraient une crise sans précédent. Surtout, Pierre-Yves Bocquet insiste sur la nécessité de refuser la banalisation du discours illibéral et xénophobe de l’extrême droite et souligne l’importance d’une union des politiciens, quel que soit leur bord politique, en défense de l’État de droit.

Gallimard, 2025
64 p. 3,50 €