HISTOIRE DES RÉVOLUTIONS


Publié après la mort de Martin Malia, l’un des historiens de référence de la révolution russe à qui nous devons entre autres Comprendre la révolution russe, ce livre de synthèse historique peut se lire par la fin, à savoir par le chapitre consacré à Octobre rouge (précédé lui-même d’un chapitre portant sur le marxisme et la deuxième internationale, 1848-1914) qui est l’aboutissement d’un « mouvement transnational, une révolution destinée à en finir avec les révolutions ». Mais on peut également privilégier les chapitres comparatifs (et donc d’esprit tocquevillien) qui ont pour thème les trois révolutions atlantiques : l’Angleterre, 1640-1660-1688 ; l’Amérique, 1776-1787 ; et la France, 1789-1799. Mais la première partie est celle qui a retenu le plus l’attention à l’heure des révoltes arabes dans la mesure où elle rappelle l’impératif théologico-politique et se penche sur « la révolution comme hérésie religieuse » (la Bohême hussite, 1415-1436 ; l’Allemagne luthérienne, 1517-1555 ; la France huguenote, 1595-1598 ; la révolte des Pays-Bas, 1566-1609). À distance de débats trop conceptuels ou philosophiques sur les notions de révolte ou de révolution, cet ouvrage d’historien souligne les indéterminations du phénomène révolutionnaire et donc son hétérogénéité, tout en rappelant que les guerres de religion sont le point de départ des révolutions atlantiques. D’où l’importance de ce que nous vivons outre-Méditerranée.

O. M.



Le Seuil, Points/ Histoire, 2010
464 p. 30 €