Les Trois Etats
Science, théologie et métaphysique chez Auguste Comte
Le positivisme est souvent dénoncé :
c’est donc qu’il n’est pas mort, et qu’il vit
ou se survit sous les diverses formes qu’il
a prises depuis un siècle et demi. En
revanche, le fondateur du positivisme se
trouve dans une passe difficile. Qui connaît
encore l’œuvre et la doctrine d’Auguste
Comte ? En général, on les réduit aujourd’hui
à une philosophie scientiste assez
simple… En outre, Comte n’a-t-il pas
brouillé les cartes avec ses théories, parfois
étranges, sur une « religion de l’humanité
» dont il serait le grand-prêtre et
l’Église catholique le modèle d’organisation
? Tout en présentant avec clarté les
idées de Comte à travers la relecture de ses
textes, le livre de M. Bourdeau redonne
épaisseur et complexité à une pensée dont
l’influence fut, en d’autres temps, immense.
Le livre se concentre sur l’essentiel pour
présenter l’ensemble : la loi des trois états,
qui ne sont pas successifs, comme une
théorie linéaire du progrès l’entend généralement,
mais qui peuvent coexister. Mais
surtout, la philosophie positive ne se limite
pas, loin de là, à ce qu’elle est devenue,
une partie de la philosophie des sciences
ou une attitude privilégiant les « faits positifs
». Le plus suggestif en elle, ce qui
donne encore à penser, est ailleurs : la critique
de la « métaphysique », la « supériorité
» de la théologie et de son « âge » sur
cette dernière, l’importance de la « politique
» positive qui induit précisément le
souci de l’humanité et d’une société rendue
meilleure par la science et la place des
savants et du savoir.
J.-L. S.
c’est donc qu’il n’est pas mort, et qu’il vit
ou se survit sous les diverses formes qu’il
a prises depuis un siècle et demi. En
revanche, le fondateur du positivisme se
trouve dans une passe difficile. Qui connaît
encore l’œuvre et la doctrine d’Auguste
Comte ? En général, on les réduit aujourd’hui
à une philosophie scientiste assez
simple… En outre, Comte n’a-t-il pas
brouillé les cartes avec ses théories, parfois
étranges, sur une « religion de l’humanité
» dont il serait le grand-prêtre et
l’Église catholique le modèle d’organisation
? Tout en présentant avec clarté les
idées de Comte à travers la relecture de ses
textes, le livre de M. Bourdeau redonne
épaisseur et complexité à une pensée dont
l’influence fut, en d’autres temps, immense.
Le livre se concentre sur l’essentiel pour
présenter l’ensemble : la loi des trois états,
qui ne sont pas successifs, comme une
théorie linéaire du progrès l’entend généralement,
mais qui peuvent coexister. Mais
surtout, la philosophie positive ne se limite
pas, loin de là, à ce qu’elle est devenue,
une partie de la philosophie des sciences
ou une attitude privilégiant les « faits positifs
». Le plus suggestif en elle, ce qui
donne encore à penser, est ailleurs : la critique
de la « métaphysique », la « supériorité
» de la théologie et de son « âge » sur
cette dernière, l’importance de la « politique
» positive qui induit précisément le
souci de l’humanité et d’une société rendue
meilleure par la science et la place des
savants et du savoir.
J.-L. S.