Une renaissance américaine

Entretiens avec trente cinéastes


Une légende discutable veut que Positif, dont Michel Ciment est l’un des animateurs au long cours, soit la revue de cinéma qui, plus que les Cahiers du cinéma, a permis au cinéma anglo-saxon de traverser le Channel et l’Atlantique. Ces deux livres d’entretiens, l’un avec Michel Ciment (conduits par un critique de Positif) et l’autre avec des cinéastes américains des générations 1970 et 1980 (conduits par Michel Ciment) éclairent les passions américaines de Positif et de Ciment. En effet, si les anciens de Positif regardent depuis toujours vers les États-Unis (Robert Benayoun et Jerry Lewis par exemple), le tropisme américain de Michel Ciment est d’abord celui d’un américaniste qui s’est toujours intéressé aux liens entre l’Europe et le Nouveau Monde (voir les Conquérants d’un nouveau monde. Essais sur le cinéma américain, publié en 1981 chez Gallimard). Cela dit, Ciment rappelle que son premier ouvrage portait sur le cinéaste italien Francesco Rosi qui lui a appris, avec son Salvatore Giuliano, à échapper aux dérives manichéistes de la critique de cinéma quand elle sacralise le politique, et il se souvient avoir rencontré les cinéastes les plus opposés (Kazan l’immigré a dénoncé le britannique Losey à l’époque du maccarthysme). Par ailleurs, le Cinéma en partage esquisse une réflexion sur l’art de la critique qui est chez Ciment un art de la parole et de l’entretien qui doit s’adapter à des situations et à des publics divers.

 

O. M.

Nouveau Monde éditions, 2014
512 p. 25 €