Les âmes sauvages. Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska


Ce livre tente de saisir «  le temps éphémère et fondateur des rencontres imprévisibles […] aux confins des terres hyperboréennes  ». Issu d’une enquête auprès de Gwich’in, ces chasseurs-cueilleurs retranchés en Alaska qui se battent contre les projets d’exploitation pétrolière sur leurs terres, il se fait l’écho, poétique et militant, des inquiétudes d’une société face à la destruction des ressources naturelles et l’éclipse des animaux. L’auteure montre que sacralisation et exploitation de la nature maintiennent toutes deux l’extériorité de l’homme à son environnement. Mais ni les prospecteurs pétroliers, ni les gestionnaires de l’environnement ne sont parvenu à briser «  la constellation de détails  » qui persiste entre les Gwich’in, les animaux et les esprits. La lecture de ce livre est un voyage dont on revient transformé par la rencontre avec des fragments d’histoire, des bribes de cosmologie, le bruissement des fougères au passage des animaux et l’ombre au fond de la nuit subarctique.

J.C.

La Découverte, 2016
320 p. 22 €