LE SATANISME : QUEL DANGER POUR LA SOCIETE ?


Selon le dernier rapport (3 avril 2008) de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), il y aurait en France 25 000 adeptes du satanisme, dont 80 % de moins de 21 ans. Ce livre de spécialistes du fait religieux les estime à une centaine, tout au plus. L’écart est en lui-même saisissant. Il serait même risible, si le sujet n’était en lui-même grave. Qui croire ? À suivre les grands médias, cléricaux ou anticléricaux, qui donnent chaque année une résonance fantastique, à tous les sens du mot, au rapport de la MIVILUDES, la question est incongrue. Pourtant, la réponse doit être franche et sans détours : il vaut mieux lire ce livre, qui donne tous les critères et les méthodes de son enquête, que le rapport de la MIVILUDES. On y trouvera définition, histoire, actualité, dangers réels et irréels, fantasmes très gros et réalités très petites finalement. Mais ainsi va la France laïque et républicaine : l’État prend lui-même en charge la lutte antisecte, et des élus (de la majorité et de l’opposition, croyants ou non) se livrent à des discours délirants sur le fait sectaire, sataniste et autre, surtout quand une conseillère du président le relativise. Je ne sais si les sectes sont un « fait de société » en 2008, mais la peur et la guerre antisectes en sont un, à coup sûr.

J.-L. S.

Pygmalion, 2008
331 p. 21,90 €