PANORAMA DES REVUES LITTÉRAIRES SOUS L’OCCUPATION, juillet 1940-août 1944
Préface de Jean-José Marchand L’Abbaye d’Ardennes
Ceux qui s’intéressent à la vie intellectuelle et artistique en France sous l’Occupation savent l’importance des revues littéraire, que ce soit pour le meilleur (celles dont il sera question plus loin) ou pour le pire (la reprise de la prestigieuse Nouvelle Revue française par Drieu La Rochelle sous contrôle allemand). Peu de revues étaient clandestines, et la plus célèbre de celles-ci, Les Lettres françaises, est glorieuse, mais elle était fatalement très pauvre. La richesse littéraire se trouvait dans les revues légales qui devaient des comptes à la censure. Est-ce pour cela que la poésie a souvent été le moyen d’expression privilégié, la poésie pouvant jouer plus facilement avec les sens multiples? Le livre publié à l’Imec par Olivier Cariguel offre une matière exceptionnelle en détaillant un panorama d’ensemble très documenté de ce paysage et en donnant tous (oui: tous!) les sommaires des revues littéraires. Si vous voulez savoir ce qu’ont publié L’Arbalète, les Cahiers de l’École de Rochefort, les Cahiers du Sud, Confluences, La Main à Plume, Messages, Poésie 40 à 44, Verve, L’Arche, Fontaine, La Nef, ou si vous voulez savoir ce qu’ont publié René Char, Henri Michaux, Louis Aragon, Paul Eluard, Pierre Jean Jouve, Max Jacob, Pierre Emmanuel, Loys Masson, Georges-Emmanuel Clancier, Emmanuel Mounier, Jean Amrouche, Jean Wahl, François Mauriac, Albert Béguin, les Maritain et des centaines d’autres, ce livre unique vous le dira. Grâce à ces revues, pendant la guerre, « nous ne sommes pas vaincus » (Max-Pol Fouchet, Fontaine, août-septembre 1940).
J.-P. L.