PIERRE TEILHARD DE CHARDIN

Sa vie, son œuvre, sa réflexion



Les anciennes biographies de Teilhard insistaient moins sur l’homme que sur la doctrine − pour faire journalistique : la réconciliation entre Darwin et la foi chrétienne −, sur sa vision simultanément cosmique et christique du devenir universel, sur ses difficultés avec l’Église et sa fidélité maintenue envers et contre tout, sur le maître spirituel. Sans laisser de côté ces aspects, le livre de P. Boudignon, plus conforme à l’esprit de notre époque, fait la part belle à l’homme, au périple de sa vie, au rôle de ses rencontres et à la place de ses amis, en particulier celle de Lucie Swan − une rencontre où l’amitié frôla l’amour − et celle d’autres femmes. On connaissait chez Teilhard le rôle du « féminin » ou de l’« éternel féminin » − mots d’une époque qui affirmait et dissimulait en même temps cette part secrète chez les amoureux pudiques et austères, ou chez les amants empêchés. L’importance de ces femmes bien réelles dans sa vie de chercheur et de religieux, documentées notamment par les correspondances, est moins connue. Au-delà de cet aspect intime, évoqué avec franchise et discrétion, cette biographie qui tient compte des nouvelles recherches est bien informée, vive, pertinente. Si elle contribuait à faire connaître Teilhard aux générations d’aujourd’hui, ce serait justice.

J.-L. S.

Cerf, « Cerf histoire », 2008
431 p. 45 €