L’IMPLOSION
La finance contre l’économie. Ce que révèle et annonce la crise des subprimes
Le premier ouvrage, publié en mai 2008, se penche successivement sur les raisons de la demande de crédit dans le domaine de l’immobilier résidentiel américain puis sur les réponses imaginées par les institutions bancaires et financières. Ce qui conduit l’auteur à montrer que la crise des subprimes se trouve à la conjonction de quatre ingrédients : un système financier en régime de bulle, la bulle de l’immobilier résidentiel, la titrisation des prêts hypothécaires, et un ensemble de modèles financiers incorrects. Le second ouvrage, publié en octobre 2008, prolonge le premier en éclairant les conséquences, déjà anticipées dans le premier, de la crise américaine à l’échelle planétaire. Ces deux livres prouvent d’abord que l’on pouvait anticiper la crise conjoncturellement et l’expliquer structurellement sans se contenter de diaboliser des comportements individuels style Kerviel. Mais l’auteur, un anthropologue qui travaille sur l’intelligence artificielle, fait aussi des propositions d’ordre politique en appelant à la mise en œuvre d’une constitution pour l’économie (à distinguer d’une « constitution économiste »), ainsi que des incursions d’ordre théorique en revenant sur la question des liens entre prix et valeur ou en s’interrogeant sur le savoir économique lui-même. (« Parmi les institutions humaines, l’économie est une exception anachronique dans la mesure où son mécanisme existe sous la forme primitive, brute, de la nature non surpassée par l’homme, à savoir celle de la sélection par la concurrence absolue des espèces comme des individus, et de leur tri par élimination des plus faibles. ») On saisit alors que cet « état de nature » économique doit déboucher sur une nouvelle « grande transformation », au sens de Polanyi, que seule une action politique responsable pourra rendre possible.
O. M.