Sur le film


Responsable du département film au Centre Pompidou, Philippe-Alain Michaud, philosophe et historien de l’art, rassemble vingt-huit contributions, en six séquences, qui retracent l’histoire et témoignent de la vivacité du film « expérimental ». Ce cinéma expérimental est exigeant : le public qui réclame un récit ayant un début, un développement et un happy end demeure étranger au long plan-séquence muet ou à l’agencement géométrique de figures colorées désynchronisé de la bande-son. Pourtant, il « parle » à certains. Déjà en 1896, l’anthropologue Franz Boas rompt avec l’alignement des objets en vitrines, selon un parcours qui force une certaine compréhension. El Lissitzky en 1927 et Frederick Kiesler en 1942 « mécanisent » les supports, les salles et les itinéraires : ils modifient ainsi la perception de l’œuvre, libérée de son cadre et du mur, dynamisée en quelque sorte… Voici un livre important, richement illustré, dans lequel on entre comme on veut, à l’image du cinéma expérimental qui ignore toute statique.

Th. P.

Macula, Le film, 2016
460 p. 38 €