GOUVERNER LA VILLE MOBILE
Sybille Vincendon
PETIT TRAITÉ DES VILLES
À L’USAGE DE CEUX
QUI LES HABITENT
Paris, Hachette Littératures, 2008, 180 p., 16 euros
Signe des temps, les éditeurs s’intéressent à l’urbain et à la ville, c’est en tout cas ce dont témoigne la collection « La ville en débat » qui est animée par Jacques Donzelot. Avant les ouvrages annoncés sur des expériences étrangères, la collection propose un livre de Thierry Oblet sur l’évolution de la sécurité au sein des agglomérations urbaines (« La ville contemporaine est minée par la défiance que ses habitants se portent les uns envers les autres ») et sur les politiques de sécurité qui sont privilégiées. La thèse défendue ici est celle d’un pouvoir accru du maire qui devrait cependant déboucher sur « l’établissement d’un pouvoir d’agglomération susceptible de dépasser les égoïsmes municipaux ». Un deuxième ouvrage réfléchit à la gouvernance de la ville mobile. Philippe Estèbe ne se contente pas de valoriser, comme on le fait souvent, le modèle de la communauté urbaine (les intercommunalités) qui articule un centre plus ou moins densifié et un espace périurbain, il analyse les liens, indissociables de la mobilité, entre le périurbain et la ville-centre. Ce qui le conduit à distinguer deux régimes politiques, l’un qui copie le modèle national d’implication politique (celui des villes-centres) et l’autre qui donne lieu à des formes de regroupement et de participation inédits. « L’institutionnalisation du périurbain a engendré, dans le même temps, l’avènement d’un autre régime démocratique que celui des intercommunalités de ville-centre, celui des “clubs”. » Alors que le périurbain dont la double caractéristique est l’homogénéité des habitants et le non-enracinement est souvent confondu avec le seul étalement urbain, l’auteur invite à une réflexion politique susceptible de s’appuyer sur des modes d’implication différenciés (« Les clubs périurbains s’affirment en rupture avec une conception “nationale” de la démocratie, fondée sur l’appartenance biologique et politique à un territoire »). Plus empirique et nourri d’exemples, l’essai de la responsable des pages villes du quotidien Libération offre un panoramique des questions que devrait se poser tout un chacun sur « nos » villes. Mais elle n’en oublie pas de dire au passage ce qu’elle pense d’un certain nombre de réalisations ou de certains maires.
O. M.
PETIT TRAITÉ DES VILLES
À L’USAGE DE CEUX
QUI LES HABITENT
Paris, Hachette Littératures, 2008, 180 p., 16 euros
Signe des temps, les éditeurs s’intéressent à l’urbain et à la ville, c’est en tout cas ce dont témoigne la collection « La ville en débat » qui est animée par Jacques Donzelot. Avant les ouvrages annoncés sur des expériences étrangères, la collection propose un livre de Thierry Oblet sur l’évolution de la sécurité au sein des agglomérations urbaines (« La ville contemporaine est minée par la défiance que ses habitants se portent les uns envers les autres ») et sur les politiques de sécurité qui sont privilégiées. La thèse défendue ici est celle d’un pouvoir accru du maire qui devrait cependant déboucher sur « l’établissement d’un pouvoir d’agglomération susceptible de dépasser les égoïsmes municipaux ». Un deuxième ouvrage réfléchit à la gouvernance de la ville mobile. Philippe Estèbe ne se contente pas de valoriser, comme on le fait souvent, le modèle de la communauté urbaine (les intercommunalités) qui articule un centre plus ou moins densifié et un espace périurbain, il analyse les liens, indissociables de la mobilité, entre le périurbain et la ville-centre. Ce qui le conduit à distinguer deux régimes politiques, l’un qui copie le modèle national d’implication politique (celui des villes-centres) et l’autre qui donne lieu à des formes de regroupement et de participation inédits. « L’institutionnalisation du périurbain a engendré, dans le même temps, l’avènement d’un autre régime démocratique que celui des intercommunalités de ville-centre, celui des “clubs”. » Alors que le périurbain dont la double caractéristique est l’homogénéité des habitants et le non-enracinement est souvent confondu avec le seul étalement urbain, l’auteur invite à une réflexion politique susceptible de s’appuyer sur des modes d’implication différenciés (« Les clubs périurbains s’affirment en rupture avec une conception “nationale” de la démocratie, fondée sur l’appartenance biologique et politique à un territoire »). Plus empirique et nourri d’exemples, l’essai de la responsable des pages villes du quotidien Libération offre un panoramique des questions que devrait se poser tout un chacun sur « nos » villes. Mais elle n’en oublie pas de dire au passage ce qu’elle pense d’un certain nombre de réalisations ou de certains maires.
O. M.