Les invasions barbares

L’Évangile et les Pères face aux migrations


Du ive au vie siècle, l’Empire romain est submergé par des vagues migratoires successives, venues du Nord, et finit par s’effondrer. Comment les contemporains ont-ils perçu ce phénomène, accompagné de multiples violences et d’événements terribles, comme la prise et le sac de Rome par Alaric en 410 ? Dans une série de brefs chapitres, ce livre restitue les réactions d’auteurs chrétiens, Pères de l’Église et autres. Pour les Romains, tout ce qui était situé en dehors des frontières de l’Empire – civilisé, humain, clément, fidèle… – était barbare – inculte, sauvage, cruel, déloyal. Il est certes anachronique de parler de «  racisme  », mais les mots employés pour stigmatiser les barbares sont les mêmes qu’aujourd’hui. Certains auteurs chrétiens partagent ce mépris. D’autres comprennent, avec le temps, que les arrivants qui s’installent sont une occasion de gagner une autre masse humaine au Christ. Deux événements ont joué un rôle capital : le sac de Rome (saint Augustin fait alors comprendre que l’histoire chrétienne ne s’identifie pas à celle de l’Empire romain) et la conversion de Clovis (en 496). Mais un aspect très surprenant est l’importance de l’arianisme dans cette histoire. Contrairement aux «  catholiques  », les ariens refusaient la divinité du Christ et par conséquent la foi en un Dieu-Trinité. Une hésitation sur le véritable adversaire semble dès lors traverser la tragédie en cours : faut-il préférer le barbare non converti au barbare converti à un arianisme qui menace, lui, de «  submerger  » la foi véritable ?

J.-L. S.

Le Cerf, Histoire, 2016
160 p. 14 €