INTELLIGENCES DE LA FRANCE.

Onze essais sur la politique et la culture


Comme le titre ne l’indique pas, ce volume correspond à des « mélanges offerts » à Pierre Grémion, dont les diverses dimensions du travail sont présentées en quatre parties. Un premier ensemble concerne la confrontation au regard américain sur la démocratie française (Stanley Hoffmann et Suzanne Berger) et la difficile émancipation de la gauche hexagonale vis-à-vis de la passion révolutionnaire et des schémas intellectuels communistes (Marc Lazar). Sur l’autre versant géographique, c’est le rapport au monde communiste qui est interrogé, dans le fil du travail de Grémion sur les relations entre Paris et Prague et le rapport à la dissidence (Jacques Rupnik) puis la difficulté à maintenir un lien avec les intellectuels de la nouvelle Europe après 1989 (Pierre Hassner). Cela conduit, dans le troisième temps, aux interventions d’Olivier Mongin et de Goulven Boudic qui interrogent l’intérêt de Pierre Grémion pour les particularités françaises de la vie intellectuelle. Enfin, la dernière partie permet de confronter les recherches de Grémion sur la décentralisation (Jack Hayward), le service public (Antoine de Tarlé) ou la politique de la recherche (Catherine Vilkas) aux derniers « avatars de l’État modernisateur » dans ces domaines. L’introduction de Philippe Urfalino (qui était parue dans le numéro de février 2010 d’Esprit) permet de montrer l’unité de questionnement qui préside à cette recherche aux voies multiples et de célébrer son actualité pour éclairer le présent.

M.-O. P.

Presses de Sciences Po, 2010
264 p. 22 €