Silvia, te souvient-il?

Biographie de Leopardi


Saluons la traduction de cette biographie de référence (parue en Italie en 1992) du « bossu de Recanati », celui qui fut sans doute le plus grand poète du xixe siècle italien, Giacomo Leopardi (1798-1837). Si l’Italie, comme d’autres pays (Lamartine en France, Shelley en Angleterre), a eu son « poète d’action » (Gabriele D’Annunzio), Leopardi, lui, fut l’exemple même du « poète reclus » (comme Emily Dickinson aux États-Unis). Philologue, traducteur de textes anciens dès son adolescence, rejeton du comte Monaldo, aristocrate désargenté, le jeune érudit, enfermé dans la demeure familiale de Recanati, dans les Marches, est d’abord destiné à la carrière ecclésiastique ; mais, au fur et à mesure qu’il explore sa propre voie dans l’étude, et qu’il correspond avec écrivains et éditeurs, il s’éloigne des positions conservatrices de ses parents, pour devenir plus libéral, et patriote, position qui lui vaut nombre d’inimitiés dans sa famille, proche du Vatican. Habité par la mélancolie et le sentiment perpétuel d’une mort prochaine, le corps déformé par l’étude (il devient bossu, puis aveugle), Leopardi écrit des vers qui portent tout le poids de son existence recluse, toute la force de son imagination. Signalons, pour celles et ceux qui voudraient découvrir cette voix immense de la poésie italienne, que certaines de ses œuvres en prose sont également disponibles chez Allia (le Zibaldone, à la fois journal et mémoire, paru en 2003, et les Petites œuvres morales, en 2007) ; ses poèmes, les Canti, sont parus chez Garnier Flammarion.

A. B.

Allia, 2012
432 p. 20 €