Ce volume qui reprend un colloque de l’Amitié judéo-chrétienne de 2007 est exemplaire par la méthode, avec contributions de personnalités juives, chrétiennes, agnostiques abordant en débat de grandes questions actuelles. Hervé Juvin lance une discussion critique sur « l’auto-production de l’humanité » manifestée par le changement d’attitude à l’égard de la naissance et de la mort. De même suit un débat sur la laïcité. Les religions ici en dialogue ne peuvent elles-mêmes se…
Ce volume qui reprend un colloque de l’Amitié judéo-chrétienne de 2007 est exemplaire par la méthode, avec contributions de personnalités juives, chrétiennes, agnostiques abordant en débat de grandes questions actuelles. Hervé Juvin lance une discussion critique sur « l’auto-production de l’humanité » manifestée par le changement d’attitude à l’égard de la naissance et de la mort. De même suit un débat sur la laïcité. Les religions ici en dialogue ne peuvent elles-mêmes se soustraire à une mise en question interne. Paul Thibaud (comme par ailleurs Florence Taubmann, qui lui succède à la tête de l’Amitié judéo-chrétienne) pense que le christianisme est soumis à une déstabilisation telle qu’il doit relire et réinterpréter son histoire depuis sa rupture avec le judaïsme et les effets du constantinisme. Entreprise nécessaire autant que délicate. Cette impression, ce vertige de séparation du monde est-il propre à notre époque ou est-il constitutif du christianisme presque depuis son origine, depuis Tertullien ? Pour répondre, le mieux sera d’opérer sur des événements limités, abordés selon la même méthode de débat. Le judaïsme se prête aussi au jeu avec une évaluation du sionisme « rattrapé par le religieux » (Claude Klein). L’ensemble de ce volume est passionnant.