Zoopolis
une théorie politique des droits des animaux
Connu pour ses thèses sur le multiculturalisme, Will Kymlicka cosigne avec Sue Donaldson un livre qui contribue à structurer le champ disciplinaire consacré aux droits des animaux. La démarche des auteurs applique aux relations entre humains et animaux des concepts classiques portant sur la souveraineté ou la citoyenneté. Ils prétendent que les animaux devraient avoir non seulement des droits positifs, mais également des droits relationnels. Cela signifie que nous aurions des obligations envers eux, parce qu’ils sont doués de conscience, et parce que certains sont dépendants de nous, en particulier ceux que nous avons domestiqués. Tous les animaux auraient donc le droit inviolable au respect de leur dignité, mais ce droit se déclinerait en des droits positifs variés selon leur catégorie : la citoyenneté pour les animaux domestiques, la souveraineté pour les animaux sauvages et le statut de résident pour les animaux liminaires. Leurs intérêts devraient alors être représentés, notamment lorsque des projets d’aménagement du territoire les menacent directement. Tout comme dans son ouvrage majeur, la Citoyenneté multiculturelle. Une théorie libérale du droit des minorités (La Découverte, 2001), Will Kymlicka essaie de concilier des principes libéraux avec des revendications communautaires afin qu’animaux et humains cohabitent dans le respect mutuel.
Elyne Etienne