RÉNOVATION URBAINE

Les leçons américaines


 


Dans le contexte de la victoire de Barack Obama, cet ouvrage propose un bilan, éclairant et en partie positif, de la politique de rénovation urbaine américaine qui a principalement concerné la population noire. L’auteur évoque, à la suite d’Anthony Downs, les trois voies possibles pour liquider les ghettos et déconcentrer la pauvreté. La première correspondait à une stratégie dite du dispersal (déménagement des habitants des inner cities vers les banlieues dominées alors par les classes moyennes blanches). La deuxième, dite de « l’enrichissement sans déménagement », vise le développement communautaire et tente de former une classe moyenne dans le ghetto. La troisième, appelée « gentrification volontaire », s’efforce d’attirer les classes moyennes dans les quartiers pauvres. Cet ouvrage esquisse parallèlement une comparaison entre la politique de rénovation urbaine mise en œuvre en France depuis quelques années (avec l’Anru) et l’expérience américaine (sur ce point, voir l’article de T. Kirszbaum dans Esprit, mars-avril 2004 : « Discrimination positive et quartiers pauvres : le malentendu franco-américain »). Alors que la rénovation urbaine s’est vue assigner en France une finalité unique (provoquer la mixité sociale à la seule échelle des quartiers sensibles par des démolitions systématiques), l’exem­ple américain enseigne au contraire « l’indispensable diversité des stratégies de mixité ». Bref, le développement communautaire américain met en avant des intérêts communs alors que la rénovation française est une opération d’intérêt public.

 

O. M.

Puf, La ville en débat, 2008
92 p. 8 €