LE CAPITALISME DES HÉRITIERS.
La crise française du travail
Ce livre met en avant deux thèses qui éclairent la nature d’un capitalisme français dont la rupture politique symbolisée par Nicolas Sarkozy a fait l’un des ressorts de la relance et de la croissance « attendues ». Tout d’abord, observant les réticences des Français au travail, interprétées le plus souvent comme une tare nationale, il démontre, en s’appuyant sur une analyse historique au long cours, que le capitalisme à la française, un capitalisme de petites entreprises dont les dirigeants sont le plus souvent des héritiers, crée des conditions de travail d’autant plus mal vécues que la négociation sociale, la communication et le respect sont rarement des valeurs mises en avant. Ensuite, Thomas Philippon rétorque à celui qui affirme que le capitalisme a changé et que les grandes entreprises jouent désormais un rôle majeur, que le mental propre aux héritiers se retrouve chez les grands patrons contemporains qui, le plus souvent issus de la haute fonction publique à cause de la mixité privé/public chère aux élites du pays, ne sont toujours pas des grands adeptes de la négociation. Mais cette résistance à la négociation n’est pas le privilège des capitalistes (ceux de la petite entreprise comme de la grande entreprise). Il aura fallu que le conseiller social de l’Élysée, Raymond Soubie, intervienne pour que le président Sarkozy admette que la loi sur le service minimum fasse l’objet d’une négociation préalable avec les syndicats et ne passe pas directement par la loi.
O. M.