LA DÉMOCRATIE EN EUROPE
L’Union européenne et les politiques nationales
Ce livre, paru il y a déjà quatre ans en langue anglaise, est exemplaire au sens où il met intellectuellement en pratique, ce qui est rare de la part des chercheurs, ce qu’il exige des responsables européens. À savoir un langage neuf qui correspond aux mutations en cours et des notions susceptibles de mettre en scène une véritable politique de communication afin d’enrayer un déficit démocratique désastreux qui ne fait aucun doute selon l’auteure.
« L’intégration européenne est menacée, non pas tant à cause des changements institutionnels liés à l’européanisation, mais en raison du manque d’idées neuves et de nouveaux discours pour faire accepter ces changements à l’échelon national. » Loin de se contenter d’évoquer un élargissement mal contrôlé, un approfondissement insuffisant ou de rappeler que l’Europe d’après-guerre portée par les Trente Glorieuses et l’horizon de l’État-providence a radicalement changé, en termes économiques, depuis 1975, Vivien Schmidt propose de distinguer en termes politiques l’Europe des États-nations au sens où l’institution européenne est un « État-région » composé d’États-nations. D’où les propositions qui sont faites au fil des chapitres : retrouver le sens du symbolique et nommer, en finir avec la règle de l’unanimité ? En finir avec l’idéal d’uniformité ? Davantage de gouvernance avec le peuple ? Davantage de politiques publiques avec la politique ? De même, elle distingue des systèmes politiques simples (au sens où la France et l’Angleterre valorisent une autorité unique sur le plan de l’exécutif) et des systèmes politiques composés (au sens où il y a une pluralité des autorités comme en Allemagne). Ce qui la conduit à remarquer que les premiers ont plus de mal que les autres à s’inscrire dans l’imaginaire politique de l’État-région qu’est l’Europe.
O. M.