Versailles. Entretien
Le nombre de visiteurs du château de Versailles a doublé en trente ans pour atteindre plus de sept millions. Versailles pourrait en accueillir encore plus, tout en proposant un traitement différencié selon les publics.
Emmanuel Laurentin – Catherine Pégard, vous êtes en charge depuis maintenant quatre ans de l’établissement public du château de Versailles ; à ce titre, vous devez gérer des flux de touristes considérables. Comment percevez-vous la distinction entre les différentes catégories de touristes qui fréquentent le château de Versailles ? Entre le tourisme de masse et un tourisme, plutôt distingué, des élites, comment procède-t-on pour satisfaire tous ces publics ?
Catherine Pégard – Il faut d’abord se méfier de ce genre de distinction, éviter de figer des catégories avant même de savoir qui entre à Versailles. En réalité nous sommes tous touristes. Si demain matin, vous vous rendez à la galerie des Offices à Florence, vous êtes un touriste. L’idée selon laquelle il y aurait un tourisme d’élite opposé au tourisme « ordinaire » me semble dangereuse. Notre rôle est d’accueillir tous ceux qui viennent et qui, par définition, sont anonymes : il peut s’agir aussi bien d’un étudiant du Brésil, que d’un professeur d’Oxford ou d’une personne âgée de Chine.
Nous ne connaissons pas individuellement nos visiteurs. Ils ont leur propre idée de Versailles. Entre celui qui vient s’émouvoir de la grandeur de la galerie des Glaces avec le soleil qui pourrait y rayonner, et celui qui vient réfléchir à la vision du pouvoir qu’avait Louis XIV en la bâtissant, il y a un monde. Notre priorité est donc de les accueillir et de faire en sorte qu’ils se trouvent bien à Versailles. Mais nous le faisons avec les moyens d’aujourd’hui pour qu’ils puissent voir ce patrimoine et ce passé dans les meilleures conditions.
J’imagine tout de même que quand on est à la tête d’un établissement public comme celui-ci, on réfléchit au public qu’on peut accueillir, dans quelles conditions, et à la façon de gérer les flux.
Là aussi, je voudrais apporter une précision : on a toujours l’impression qu’il y a foule à Versailles. C’est vrai à certains moments de l’année – entre le 15 juin et le 15 septembre et certains week-ends comme celui de Pâques – mais il y a aussi tous les autres jours, entre octobre et avril par exemple, où il y a moins de monde.
Si l’on ne peut empêcher que la grande majorité des visiteurs prenne ses vacances au même moment, plutôt l’été que l’hiver, on aurait tort en revanche de s’en offusquer, comme on aurait tort de penser que lorsqu’on est nombreux, on ne voit rien. L’expérience est différente. Peut-être repartirez-vous avec un souvenir de la chambre du Roi ou des jardins, vous aurez appris quelque chose, vous aurez éprouvé une sensation, un souvenir… tout ça fait partie de la culture. La culture ne consiste pas à appréhender l’ensemble du château de Versailles en deux heures et dix-sept minutes (la durée moyenne d’une visite).
Mais la clé d’une bonne visite réside dans l’information apportée au visiteur : l’inciter à ne pas venir aux heures les plus lourdes, lui expliquer que s’il y a beaucoup de monde dans le château, il peut aller visiter d’abord les jardins ou Trianon. Les réseaux sociaux nous y aident, car ils permettent un travail à la fois en amont et en simultané. Par exemple, nous utilisons maintenant We Chat, en Chine, pour diffuser des messages sur la situation de Versailles : celui qui prend son avion de Pékin sait avant de partir comment se passera son arrivée au château. Nous réfléchissons à la mise en place d’une réservation horaire, comme cela se pratique ailleurs…
Quels sont les taux de progression des visites à Versailles depuis une dizaine d’années ?
Dans les années 1980, on comptait trois millions de visiteurs par an. Aujourd’hui, Versailles en accueille sept millions et demi. Le passage du simple au double s’est fait en trente ans. Et la croissance des dernières années a été plus forte encore que dans les trente dernières années.
Cette année, les Chinois vont sans doute devenir la première nation à visiter le château. Ils représentent autour de 13 % des visiteurs ; 10 % de ces Chinois en sont d’ailleurs déjà à leur deuxième visite. Aujourd’hui, les touristes chinois qui viennent en Europe sont jeunes et commencent à visiter en individuel. Les autobus sont remplacés par des minibus. On parle d’un tourisme de masse mais le contrepoint, c’est un tourisme haut de gamme.
Nous développons aussi une campagne pour inviter les Français à revenir à Versailles : après leur première visite, en général en tant qu’élève en voyage scolaire, nous espérons qu’ils reviennent avec leurs enfants.
Il me semble intéressant de prendre en compte une démarche touristique plus avertie, parce que la connaissance est plus accessible, parce qu’on peut mieux préparer son voyage, parce que les modes de transport se sont simplifiés, parce que le tourisme s’est démocratisé. Chacun désire vivre une expérience de visite particulière, presque intime avec le lieu. Nous sommes tous, présidents d’établissements culturels, confrontés à cette demande et nous ne pouvons que nous en féliciter. C’est la raison du succès des visites guidées avec conférenciers.
On se pose la question en vous écoutant : quelle est la part de ce qui est subi et de ce qui est voulu ? Y a-t-il un pilotage précis de ce qui est en train d’advenir ?
Versailles attire les visiteurs du monde entier. On ne peut que se féliciter d’un tel succès !
Depuis mon arrivée en 2011, nous avons ouvert à la visite un nombre considérable d’espaces jusqu’à présent fermés, et développé une riche programmation culturelle grâce aux expositions et à la saison musicale. Nous avons d’abord ouvert onze salles consacrées à l’histoire du château, puis l’ensemble des appartements des filles de Louis XV au rez-de-chaussée. Au premier étage, c’est maintenant tout le siècle de Louis XIV, sa famille, ses artistes, ses contemporains et ses guerres qui sont présentés en sept salles. Nous voulons dire aux visiteurs que, tout autant que d’autres pièces du château, ces lieux montrent l’histoire d’un pays et d’un savoir-faire français. Plus récemment, c’est l’aile du Grand Trianon, Trianon-sous-Bois, où le général de Gaulle recevait ses hôtes étrangers, qui a ouvert ses portes à la visite avec une exposition « Un président chez le Roi ».
Vous allez m’objecter que si vous venez de l’autre bout du monde, c’est la galerie des Glaces qui vous intéresse. C’est inévitable. De la même manière que les gens iront au Louvre pour voir la Joconde, ils iront à Versailles pour voir la plus célèbre des galeries. Et pour cela, ils sont prêts à faire la queue et à attendre. Mais ce qui peut être insupportable dans ces lieux, c’est qu’on vous dise à la fin qu’il ne reste que dix minutes pour voir ce que vous rêviez de voir.
Notre devoir est de recevoir le plus grand nombre de visiteurs. Cela nécessite des moyens incompressibles pour le faire : dans le monde entier, chaque musée vit avec ses contraintes, comme chaque entreprise. Ce sont les mêmes problématiques. Mais on peut se donner les moyens d’aller plus loin. Je pense par exemple que si on pouvait ouvrir le château l’été aux mêmes horaires que les jardins, ce serait une grande chance pour les visiteurs. Ils pourraient continuer de visiter le château entre dix-huit heures et vingt heures et demie, à une heure agréable l’été, où il fait encore jour ; c’est également adapté aux nouveaux modes de vie des gens… Aujourd’hui, nous n’avons pas le nombre d’agents pour le faire. J’espère qu’un jour cela deviendra possible.
Peut-on influer sur l’origine des touristes qui viennent à Versailles ?
Nous travaillons étroitement avec les agences de tourisme pour tenter de percevoir ce que chaque nationalité vient chercher à Versailles. Je reviens de Pékin, où l’on diffusait une émission de télévision de deux heures avec le cinéaste Jean-Jacques Annaud, l’architecte Paul Andreu, et toutes les images les plus fortes de Versailles défilaient : la galerie des Glaces, les jets d’eau, la chambre du Roi… c’est bien ce qui les transporte à l’autre bout du monde. C’est empirique, on ne commande pas des sondages dans tous les pays du monde pour savoir ce que les gens pensent, mais on sent des variations. En ce moment nous préparons une exposition sur Marie-Antoinette à Tokyo, c’est une icône au Japon ! Une icône glamour, comme dans le manga la Rose de Versailles. Cette exposition aura peut-être un prolongement à Shanghai, mais en Chine ce sont plutôt les chefs-d’œuvre du temps de Marie-Antoinette qui intéressent. Il s’agirait alors de montrer quelques-uns des meubles prestigieux du château, avec Marie-Antoinette comme fil conducteur. C’est stimulant de percevoir ces nuances. Par exemple, on m’avait demandé au Brésil de faire une conférence sur le luxe à la française et j’avais proposé une intervention : « De Louis XIV à Dior », parce qu’ils étaient manifestement intéressés par tout ce qui pouvait inspirer la mode ou le design à travers le château de Versailles. Lorsqu’on a fait une exposition sur le mobilier du xviiie siècle, on l’avait d’ailleurs appelée « Aux sources du design » pour en souligner la continuité.
La clé, c’est de montrer ce lien entre le passé et le présent. On ne peut plus se contenter de dire : « on ouvre le livre d’histoire », comme Victor Hugo. Il faut mettre les choses en perspective par rapport à ce que nous sommes aujourd’hui, à condition que ce soit authentique bien sûr. Pour l’exposition sur le tricentenaire de la mort de Louis XIV, un fil Twitter racontait son agonie heure par heure. Cela a passionné un public qui ne serait pas venu autrement : à travers ces tweets, il a découvert ce qu’avaient été les derniers jours du Roi, sans avoir lu Saint-Simon.
Versailles entretient une relation très ancienne avec les États-Unis : comment travailler avec ce public qui a une antériorité sur tous les autres qui fréquentent aujourd’hui le site ?
J’ai découvert cette particularité en arrivant à Versailles. On oublie souvent que la France a soutenu les insurgés américains et qu’elle était présente à l’origine de la création des États-Unis. C’est très rare qu’un lieu symbolise à ce point l’histoire de deux nations. La venue de John D. Rockefeller à Versailles après la Grande Guerre est un événement majeur pour les Américains aujourd’hui : il découvre l’état de désolation terrible du château à ce moment-là et écrit une lettre à Raymond Poincaré le sollicitant modestement de pouvoir aider à sa restauration. Il a donné l’équivalent de 35 millions de dollars, dit-on.
Je rentre de New York où j’ai répondu à l’invitation des amis américains de Versailles. Au cours d’un déjeuner avec le fils de John D. Rockefeller, aujourd’hui âgé de 102 ans, celui-ci m’a raconté dans un français parfait qu’il se souvenait en détail avoir accompagné son père à Versailles lors de la remise de sa légion d’honneur. À Versailles, les Américains s’arrêtent souvent devant la plaque qui rapporte cette histoire et dont ils sont très fiers. Il y a aussi un effet de génération qui s’est perpétué avec la Seconde Guerre mondiale, tissant un lien indéfectible entre les deux nations : les Américains savent qu’ils ont aidé les Français et les Français savent qu’ils ont été aidés par les Américains.
On rappelle aussi que Kennedy est venu avec Jackie à Versailles et que c’est au cours de cette visite officielle que Malraux décida d’envoyer la Joconde à New York. Ce lieu a été le témoin de beaucoup d’événements au croisement de l’histoire de nos deux pays. Les Américains qui viennent aujourd’hui en ont conscience, ce qui explique qu’ils restent jusqu’à cette année les premiers visiteurs en nombre.
Le public américain est varié, et comporte tant des classes aisées des grandes villes américaines que des gens qui viennent de petites villes du Middle West… Comment fait-on pour accueillir d’un côté un primo-visiteur, et, de l’autre, quelqu’un qui est venu déjà cinq ou six fois et qui est peut-être même un donateur ? Peut-on atteindre la plus grande masse possible d’un public qui vient de partout, mais aussi satisfaire un public à la recherche d’une forme de distinction ?
C’est la force du lieu que de pouvoir proposer des expériences très différentes. Mais si vous visitez Versailles pour la première fois, il y a de fortes chances que vous puissiez bénéficier d’un audioguide adapté. Ils sont proposés en douze langues et offrent plusieurs circuits de visite. Pour ceux qui souhaitent un traitement différencié, il s’agit de trouver un équilibre et une organisation adaptés. Si vous êtes abonné au château de Versailles, par exemple, il est possible de réserver un créneau particulier. On a également initié la possibilité de venir avant ou après la fermeture par exemple, avec une visite à l’écart des flux. Cela a un coût, évidemment.
Comment équilibrer l’accueil du plus grand nombre et l’usure naturelle d’un bâtiment qui a plus de trois siècles et a toujours reçu du public ?
Aujourd’hui les visiteurs sont très respectueux des lieux : le soir, il y a très peu de papiers par terre. Nous essayons de maintenir un équilibre – c’est le rôle des conservateurs – pour les lieux où l’on n’entre qu’en petits groupes. Jamais on ne pourra faire passer des flots de gens à ces endroits-là. Par exemple, le cabinet de la Méridienne ou le cabinet doré de Marie-Antoinette, au cœur des petits appartements, sont extrêmement protégés. Nous les ouvrons au public sur réservation, c’est une autre organisation de la visite.
Les gouvernements souhaitent augmenter fortement le tourisme en France. Comment fait-on pour suivre cette demande de recevoir plus de gens encore ? Y a-t-il une limite ? Il y a trente ans, le conservateur trouvait que « trois millions, c’est trop », et on voit aujourd’hui que sept millions c’est possible, alors pourquoi pas dix ou douze millions, à condition d’aménager des itinéraires ?
Cette demande vient du public. Lorsqu’on sait le poids que représente la culture pour la France, c’est énorme. J’observe, pour avoir fait partie de la commission que le ministre Laurent Fabius avait réunie sur ces questions, qu’il avait demandé aux établissements comme le nôtre de faire partie des chefs de file, en faisant valoir notre expérience auprès d’autres lieux moins fréquentés pour conduire les touristes dans d’autres endroits. Laurent Fabius avait identifié beaucoup de sites : la cible du développement du tourisme français n’est pas tellement le Louvre ou Versailles. Il faut qu’on s’adapte à cette demande, dans les limites d’acceptation du lieu lui-même. La question s’est posée autour de l’ouverture sept jours sur sept par exemple. Certaines activités reposent sur ce moment incompressible de la respiration du château : c’est là qu’on peut procéder à des opérations de mouvements d’œuvres, faire le ménage ou accueillir des tournages… Or nous en recevons une centaine par an. L’ouverture en haute saison le soir serait en revanche réalisable, sans alourdir la charge sur le château.
Les visiteurs n’accepteraient pas non plus que leur visite soit trop altérée. Si un jour, il faut prendre des mesures plus drastiques de réservation, on le fera. Mais ce n’est pas encore le cas, à part une vingtaine de jours dans l’année (le week-end de Pâques et les mois de juillet-août) où le nombre de visiteurs atteint 22 000 à 25 000 par jour. Pensez qu’aujourd’hui il y a un million et demi de visiteurs pour le Trianon. Il y a quelques années, il y en avait seulement 300 000 ou 400 000. C’est le fruit des actions menées, des expositions, des travaux de restauration. On ne dit pas assez souvent qu’en plus de la progression du nombre de visiteurs, on assiste à une progression de l’offre. Ce lieu qui semble n’avoir jamais changé s’ouvre de plus en plus aux gens qui viennent.
Certains sites se posent la question de former les visiteurs, en remontant plus loin dans la chaîne pour leur donner le moyen de comprendre ce qu’ils vont voir…
Sur les sites Internet, toutes les informations sont nécessaires mais nous ne sommes pas là pour faire la leçon. Ce n’est pas un pensum de venir à Versailles. Quand les enfants arrivent, bien souvent, ils ne sont pas convaincus, mais quand ils sortent, c’est Versailles qui les a convaincus ! Des élèves sont venus voir les galeries de l’histoire de France : l’idée était de leur montrer les œuvres, puis un détail, pour les détourner ou les recomposer, et le résultat est extraordinaire. Dans une école maternelle, une classe a fabriqué un champ de roses à partir des crépons d’une robe ; et à partir du tableau de 1870, quand la galerie des Glaces devient une infirmerie, une ambulance. Ils se sont approprié le lieu. Notre rôle est de donner le maximum d’éléments et de guider les gens vers ce qu’ils veulent voir, savoir où commencer, etc. C’est pourquoi il y a de plus en plus de chargés d’accueil dans la cour pour prendre en charge les visiteurs. Mais ils n’ont pas vocation à éduquer les gens, ni à leur dire ce qu’il faut retenir ou ce qu’ils doivent penser.
Comment transforme-t-on un visiteur en donateur ? Y a-t-il une volonté pour l’accompagner et qu’au bout du compte, il puisse contribuer à la restauration ou l’amélioration ?
Cela passe principalement par des campagnes particulières : l’adoption d’un banc, d’un arbre ou d’une sculpture, à partir d’une histoire créée ou non avec Versailles. Cela s’adresse à un public individuel. Pour des dons plus importants, ce sont surtout les entreprises, et parfois des personnes privées. On peut être touriste, puis amateur et finalement donateur.
La caissière du musée m’a informé que, conformément à une circulaire de Stathopoulou, l’entrée est gratuite pour les Grecs. Je n’avais pas remarqué que nous avions visité gratuitement le Nécromantion, je croyais que Costas avait pris des tickets. Je me suis énervé :
— J’ai envie de payer, ai-je dit. Je trouve que ça en vaut la peine.
— Mais je n’ai pas de tickets pour les Grecs !
Un gardien est venu vers nous.
— Le ministre souhaite stimuler l’intérêt des Grecs pour leur héritage, m’a-t-il expliqué gentiment. Mme Stathopoulou trouve que nous n’aimons pas assez les antiquités, et elle n’a pas tort.
— La suppression du droit d’entrée ne nous les fera pas aimer davantage, ai-je dit.
La caissière a fait une moue. J’ai cru comprendre qu’elle était de mon avis. Deux couples de Grecs s’étaient approchés – les hommes portaient des bermudas –, ainsi qu’un petit vieux, tout maigre, coiffé d’un panama. Cinq ou six touristes faisaient la queue derrière moi. Ils suivaient la conversation sans la comprendre.
— Nous devrions payer plus cher que les touristes car nous sommes responsables de la détérioration des monuments, ai-je poursuivi. Aux Athéniens qui visitent l’Acropole, je ferais payer trois fois le prix d’entrée !
Je m’attendais à une réaction de la part des Grecs, mais ils ne se sont pas manifestés.
— Donnez-moi un ticket comme vous en avez pour les étrangers.
— C’est normal qu’on ne paye pas, car ces choses-là font partie de notre patrimoine, a dit le petit vieux.
Il a regardé le gardien.
— Monsieur vient d’employer le mot « héritage ». On ne paye pas pour voir son héritage ! Les statues sont les œuvres de nos ancêtres, elles nous appartiennent !