Lieux de culte et architectures. Réappropriations et transformations à Oran depuis l'indépendance de l'Algérie


Réappropriations et transformations à Oran depuis l’indépendance de l’Algérie

Les mosquées bâties récemment en Algérie1 présentent des lacunes en matière de référence à l’architecture musulmane : surtout quand on connaît la richesse des styles de cette architecture qui se sont développés dans ce pays à la période almoravide, almohade et ottomane. La mosquée d’aujourd’hui présente des formes et des modèles qui relèvent plus de la fantaisie que de la tradition ou de la créativité qu’on constate par ailleurs dans d’autres pays musulmans2.

L’architecture de la mosquée d’aujourd’hui, avec sa coupole et son minaret se soucie bien plus de l’ornementation et de la symbolique que de la recherche d’une certaine fonctionnalité3. Le caractère architectonique primant sur le caractère architectural4, la mosquée est construite au gré des souhaits et de la volonté de certains généreux mécènes. En effet, à l’exception des grandes mosquées à caractère national ou régional pour lesquelles l’État intervient en matière d’architecture, l’édification des mosquées est confiée aux associations cultuelles ou aux personnes physiques5. Cette configuration est régie par le décret n° 91-81 du 23 mars 19916 où il est stipulé dans l’article 5 que « les mosquées sont construites par l’État, par des associations, par des personnes physiques ou morales à l’obtention d’une autorisation ou d’un agrément du ministère des Affaires religieuses ou de la direction des Affaires religieuses ».

Ces mosquées édifiées, comme c’est le cas à Oran, par des personnes physiques, sont par contre comptabilisées en faveur de la direction et du ministère des Affaires religieuses. Le style des mosquées est souvent donc laissé aux choix des associations cultuelles financées par de généreux donateurs. Ces derniers sont, dans leur très grande majorité, des membres de la société civile ; généralement, des gens aisés, des industriels, des commerçants qui pour une raison ou une autre vont contribuer et parfois financer la totalité de la construction d’un édifice. À Oran, pour ces deux dernières années, deux nouvelles mosquées sont entièrement construites à partir des dons de deux industriels : pour la première, c’est le directeur des Affaires religieuses, qui est venu officiellement l’inaugurer au nom du ministère des Affaires religieuses ; la seconde mosquée, en voie d’achèvement, reçoit régulièrement la visite du directeur des Affaires religieuses qui vient constater l’état d’avancement des travaux. Ces « bienfaiteurs » sont souvent des profanes en matière d’architecture religieuse musulmane et imposent aux maîtres d’œuvre des modèles de mosquées qu’ils ont souvent vus à la télévision via les chaînes satellitaires ou lors de leurs voyages au Moyen-Orient ou de leur pèlerinage à La Mecque. Cependant, essayer de reproduire la grande mosquée de Médine ou de Casablanca exige une main-d’œuvre qualifiée et expérimentée. Et même si des artisans marocains, spécialisés dans les travaux d’ornementation du plâtre ou du stuc, sont très souvent sollicités, la mosquée, dans son ensemble, manque d’harmonie car elle comporte une multitude de composantes architecturales (des coupoles, un ou plusieurs minarets) hétérogènes. Les mosquées édifiées récemment à Oran sont bien révélatrices de ces choix individuels. Ainsi la nouvelle mosquée édifiée dans le quartier dénommé « Usto » est appelée mosquée des Tlemcéniens ou des Marocains, car son « bienfaiteur » est natif de la région de Tlemcen ; région proche de la frontière algéro-marocaine et donc supposée influencée par la tradition architecturale « marocaine ». Une autre mosquée édifiée dans le quartier de Fernanville présente, elle, une coupole en bulbe, une spécificité des mosquées de l’Inde ou d’Iraq. « Le respect de caractère islamique authentique de l’architecture » prôné dans l’article 7 du décret de 1991 déjà cité reste très vague. Seul l’article 7-2 impose le respect de la direction de la prière. La définition de l’expression « caractère islamique authentique » n’est aucunement précisée et autorise diverses interprétations sur le terrain. Un entretien auprès de la direction des Affaires religieuses au sujet de cette question confirme la libre lecture de cet article de décret. Pour les autorités responsables, l’architecture authentique est assimilée bien souvent à la seule présence d’arcatures, d’un minaret et de coupoles sans en préciser la nature ni le nombre. Ce qui conduit naturellement, sur le terrain, à l’édification de mosquées aux multiples composantes architecturales mais qui ne correspondent à aucune typologie. À titre d’exemple, une mosquée construite récemment dans la ville d’Arzew par des ouvriers chinois comporte une coupole en bulbe avec des toits débordants typiques des pagodes chinoises.

Ces constats nous ont amené à nous intéresser à un type de mosquées, assez méconnues, celles issues des conversions de lieux de culte, juif et chrétien. En 1962, le départ massif de la communauté européenne vide les églises et les synagogues de leurs fidèles. L’Église d’Algérie ne compte plus alors que quatre diocèses : Alger, Constantine, Oran et Laghouat. L’indépendance de l’Algérie a inversé le rapport église/mosquée et la religion musulmane devient religion d’État.

En 1830, la France coloniale avait marqué sa domination politique et militaire à travers l’appropriation des anciennes mosquées ottomanes converties en églises :

En 1832, la mosquée Ketchaoua, située rue du Divan, fut transformée en église chrétienne, il en fut de même, en 1839, de la mosquée extérieure de la Casbah et en 1843, de la mosquée Ali Betchnin rue de la Casbah. […] Après 1830, ce culte eut pour temples d’anciennes mosquées Djamaa Ketchaoua où la messe fut dite pour la première fois, le 24 décembre 1832, par l’abbé Colin, aumônier militaire, Djamaa el Kasba, Djamaa Ali Betchnin devinrent respectivement : la cathédrale Sainte-Croix et Notre-Dame-des-Victoires7.

La conquête de l’Algérie est vécue par l’Église catholique comme une reconquête d’une terre jadis chrétienne, celle de saint Augustin et des six cents évêques, « un immense espoir missionnaire a soulevé l’Église qui rêvait de rétablir les splendeurs de l’ancienne Église d’Afrique8 ». Afin d’accélérer l’engagement de Charles X dans l’expédition d’Alger, le marquis Clermont-Tonnerre, alors ministre de la Guerre, lui avait fait miroiter le rétablissement du christianisme en Afrique. Pourtant, cette ambition demeurait très éloignée des préoccupations des généraux de l’armée d’Afrique. L’ordonnance royale9 de Louis Philippe datée de 1830 permet l’affectation d’un aumônier pour chaque brigade. Seize aumôniers religieux ont accompagné le corps expéditionnaire et ont fait partie intégrante de l’expédition d’Alger. Les vestiges romains découverts dans les environs d’Alger confortent cette idée du retour de la chrétienté :

[…] Tipaza a célébré, le 9 mai, la première naissance chrétienne qui ait eu lieu dans ses murailles depuis une douzaine de siècles et ce qui a rendu la cérémonie encore plus importante, c’est qu’elle a eu précisément lieu dans une des antiques églises de Tiaza, celle de l’est, dont les murs en pierres de taille ont conservé presque toute leur élévation au-dessus du sol, de sorte qu’en remettant les quelques matériaux qui sont tombés et en recouvrant le tout d’une toiture, on ferait de l’église romaine de Koudiat Zarour (colline des sorbiers), un temple qui pourrait continuer pendant des siècles encore à servir aux cérémonies du culte chrétien.

La découverte des ruines romaines10 en Algérie représentent pour l’Église un moyen de ressusciter les antiques églises africaines :

Ici, en Afrique du Nord, nous retrouvons partout sur nos pas la trace de Rome, ce qui prouve bien que nous sommes ici à notre place, c’est-à-dire aux premiers rangs de la civilisation11.

Même les monarchies européennes de l’époque soutiennent ce rétablissement de l’Église d’Afrique.

Mgr Dupuch, premier évêque de l’Algérie, contribuera, à ses frais, à la création d’autres églises, « […] au 1er janvier 1846, je laisse : environ soixante églises, chapelles et oratoires divers ; et, à mes frais, en grand nombre12 ». En 1866, le projet de la reconquête catholique de l’Algérie connaît une autre impulsion avec la nomination du nouvel archevêque d’Alger et futur cardinal, Charles de Lavigerie. Ce dernier voit en l’Algérie la porte qui ouvre la mission catholique à tout le continent africain. En appelant à un changement de la politique religieuse en Algérie, il trace son programme de formation d’un clergé local et d’actions missionnaires auprès des populations musulmanes.

À l’indépendance du pays en 1962, l’un des premiers actes des dirigeants algériens consiste à récupérer les anciennes mosquées ottomanes (Ketchaoua, Ali Bitchnin et Kasbah Berani) transformées en églises au début de la colonisation française. Il s’agit de marquer la fin de l’hégémonie coloniale et le retour officiel de l’identité musulmane du pays. Synagogues et églises sont transformées en mosquées. Il s’agissait non seulement de la reconquête de toute l’Algérie mais d’une réappropriation effective de tous ses espaces longtemps spoliés par une longue colonisation. Dès octobre 1962, le Président de l’époque engage des entrevues avec Mgr Duval, archevêque d’Alger. La gestion du transfert et de la récupération des lieux de culte détenus par l’Église prend effet rapidement. La liaison étroite de l’arabisme et de l’islamisme apparaît surtout dans la politique du ministère des Habous (créé en septembre 1962 et qui deviendra par la suite ministère des Affaires religieuses) et se révélera notamment avec la politique d’arabisation et de construction de mosquées et des instituts islamiques. Une commission mixte est créée pour étudier les modalités de restitution des anciennes mosquées transformées en églises13. L’État français cède plus de quatre cents églises à l’État algérien. De 567 en 1962, leur nombre se réduit 167. À partir de 1972 (à l’occasion des fêtes de la première décennie de l’indépendance), l’État algérien inaugure des relations diplomatiques avec le Vatican avec échange d’ambassadeurs. Pour le Vatican, l’Église d’Algérie passe du statut d’institution coloniale à celui d’Église reconnue officiellement au sein d’un pays où l’islam est proclamé religion d’État.

La gestion d’un patrimoine colonial religieux

À l’indépendance de l’Algérie, le patrimoine immobilier religieux chrétien est loin d’être négligeable (immeubles, écoles, hôpitaux, gares…). Les accords d’Évian ainsi que le départ d’une grande partie de la communauté européenne ont permis à l’État algérien nouvellement indépendant de récupérer un important parc immobilier. Les lieux de culte chrétiens sont versés dans le parc immobilier recouvert par l’État algérien. Ils passent de propriété communale à propriété étatique par le biais du ministère des Habous. Les églises et synagogues converties en mosquées sont placées sous l’égide du ministère des Habous. La législation algérienne considère la mosquée comme un bien foncier habous14 et inaliénable, par conséquent tous les lieux de culte convertis en mosquées sont considérés comme tels. Un extrait du courrier du vicaire général de l’époque souligne :

[…] l’Ambassade de France m’a fait savoir que les négociations domaniales en cours n’avaient pas encore porté sur les biens habous et que, si l’intention de la France n’était pas de les conserver, elle souhaitait cependant que la question de propriété de la Cathédrale soit tranchée avant que l’Église n’en abandonne l’utilisation15.

Par le biais du bien habous, l’État algérien est propriétaire des mosquées, issues des conversions. L’État algérien confirme le régime juridique d’intégration et non de séparation de l’Église puisque le ministère des Affaires religieuses sert de ministère de tutelle à l’Église. Il verse des indemnités mensuelles à des prêtres de nationalité algérienne et garantit le respect du calendrier religieux chrétien. En effet, la position de l’Algérie indépendante à l’égard de l’Église catholique se résume à une série d’entrevues sans l’élaboration d’aucune convention officielle entre l’Église catholique, qui s’était constituée entre-temps en association diocésaine d’Algérie (Ada), et le ministère des Habous. En comparaison avec les deux pays voisins, le Maroc et la Tunisie, la gestion administrative de l’Église s’était posée dès l’indépendance.

Pour la Tunisie, la question des rapports de l’État tunisien avec l’Église catholique est étudiée dès 1957. En juillet 1959, le président de l’époque est officiellement reçu au Vatican par le pape. Cette rencontre s’était soldée par un accord qui définit le statut des biens de l’Église. Les négociations sont décidées dans leur principe en 1963. La Tunisie signe le modus vivendi en 1964. Les articles assurent la garantie des lieux de culte cédés. Ces derniers ne seront utilisés qu’à des fins d’intérêt public compatible avec leur ancienne utilisation. Et le gouvernement s’engage à protéger le libre exercice du culte catholique en Tunisie. Pour le cas du Maroc, l’Église catholique est officiellement reconnue par une lettre du roi au pape Jean-Paul II, datée du 30 décembre 1983 ; l’Église peut ainsi exercer publiquement et librement ses activités pastorales propres et posséder des biens pour ses œuvres éducatives. Dans cette lettre adressée au pape Jean-Paul II, le roi évoque en préambule « l’esprit d’entente fraternelle qui, depuis des temps immémoriaux, a toujours marqué dans notre pays les rapports entre chrétiens et musulmans ». « Les termes employés par le souverain expriment que l’Église n’est pas seulement présente dans ce pays, elle y est accueillie16. » Alors que l’indépendance de l’Algérie modifie le statut de l’Église en le faisant glisser du régime de la séparation à celui de l’intégration, l’archevêché d’Alger use, quant à lui, de la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905 (appliquée en Algérie en 1907) pour régler l’aspect juridique des transferts17. Le nombre d’églises à céder est lui aussi réglé par la loi de séparation ; celles construites avant 1905 sont cédées à l’État algérien et celles, édifiées après 1905, sont conservées par les diocèses. L’Église octroie des églises désormais vidées de leurs fidèles. Pour le gouvernement, ces lieux de culte, jadis chrétiens, sont devenus propriété des communes algériennes et versés naturellement dans le parc immobilier national.

Ketchaoua, une réappropriation hautement symbolique

La cathédrale Saint-Philippe d’Alger est l’un des premiers lieux de culte chrétien récupéré à l’indépendance de l’Algérie. Cette ancienne mosquée ottomane dite mosquée de Hassen Pacha, construite avant 1612 sur les restes d’un temple romain et reconstruite en 1795, fait l’objet de tractations entre les représentants du ministère des Habous et les représentants de l’Église.

Cette cathédrale avait été, dès 1832, le premier lieu de culte chrétien issu de la conversion d’une mosquée ottomane. Pourtant, la France avait rédigé une convention dite de Bourmont, qui stipulait le respect et le libre exercice de la religion musulmane ainsi que l’intégrité de ses lieux de culte. À la veille de la conquête de l’Algérie, Alger comptait 13 grandes mosquées et 109 petites mosquées, 32 chapelles et 12 zaouïas, soit, au total, 176 édifices18. La conversion de l’ancienne mosquée ottomane ne sera pas l’unique transgression de la convention de Bourmont. À Oran, dès 1831, les Français s’approprient la mosquée dite des « Berranis19 » convertie en église Saint-André en 1844. Il est évident que la réappropriation par les autorités algériennes de la cathédrale pour célébrer la date du 1er novembre 196220 renvoie à des enjeux hautement symboliques. La grande cathédrale d’Alger redevient officiellement la mosquée Ketchaoua. Une déclaration publique émanant du ministère des Habous et de l’archevêque d’Alger annonce le transfert comme un don d’amitié librement consenti par l’Église au nom des chrétiens d’Algérie. La première prière solennelle du vendredi y est célébrée le 2 novembre 1962. Elle eut lieu au-dessus d’une crypte abritant encore les tombeaux des évêques21.

Les modifications

L’architecture reste l’enjeu fondamental des conversions. Le cas d’Oran est révélateur de l’ampleur et de la nature de ces transformations22. L’importance de la population européenne a doté la ville de nombreuses synagogues, églises et temples protestants. L’indépendance a permis de récupérer un très grand nombre de ces édifices et de les transformer. Des modifications « religieuses » qui concernent la mise à niveau de la salle de prière, la suppression de l’autel de l’église ou la niche de la synagogue, la création d’un espace ablutions, la création d’un mihrab et d’un minbar et la séparation spatiale hommes, femmes23. Et des transformations architecturales concernent essentiellement la construction d’un minaret et le remplacement des arcatures brisées24 par des arcatures plein cintre25.

La synagogue

La grande synagogue d’Oran est édifiée en 1880. Elle est considérée au moment de sa construction comme le plus grand édifice religieux juif de toute l’Afrique du Nord. Construite en pierres de taille, elle est convertie en mosquée en 1972 sous le nom de mosquée Abdallah Ben Salem, du nom d’un riche juif médinois converti à l’islam. Cette synagogue monumentale, bien visible encore aujourd’hui dans l’espace urbain, constitue un lieu de mémoire rappelant le passé colonial d’Oran.

La synagogue d’Oran présente un plan basilical, composée de trois nefs définies par deux rangées de colonnes, une nef principale et deux bas-côtés. Construite sur deux niveaux, la salle de prière rectangulaire se termine par une niche surélevée en hémicycle orientée vers Jérusalem. Lors de la conversion, la direction de la prière est conservée26, le point d’eau est transformé en espace ablutions (espace où les fidèles accomplissent les rites de purification avant de pénétrer dans la salle de prière) ; l’étage est conservé pour les femmes. La modification la plus évidente et la plus visible reste la construction d’une cloison intérieure27 dans la salle de prière où est creusé le mihrab28. Ce dernier représente une composante architecturale importante au sein des mosquées, de forme semi-circulaire, le mihrab donne l’impression d’une porte ou d’un encadrement de porte, il se constitue d’un arc et de deux colonnes ou plutôt colonnettes disposées de part et d’autre. Le mur à l’intérieur du mihrab est entièrement faïencé, un bandeau épigraphique comportant des citations coraniques et des formules pieuses sans réelle référence calligraphique entoure l’arc d’ouverture du mihrab. Un minbar29 est adjoint à droite du mihrab, il s’agit en réalité de l’ancienne chaire à prêcher30 de la synagogue surmontée d’un croissant et des cannelures. L’origine du minbar remonterait à celle de la chaire à prêcher des synagogues et des cryptes primitives chrétiennes ; il devient, au fil du temps, un élément essentiel dans l’architecture religieuse musulmane31. À l’extérieur, la synagogue transformée en mosquée était dotée, à l’origine, de deux tours élancées, identiques, rappelant l’architecture des minarets.

Construite en 1880, elle bénéficie du mouvement de l’arabisance encouragé par le gouverneur Jonnart. Ce mouvement se développe au début du xxe siècle en Algérie et la quasi-totalité des bâtiments publics construits par la France entre 1900 et 1930 en conservent la trace32. À l’approche du centenaire de la colonisation en Algérie, la France coloniale change la donne en matière d’architecture en prônant officiellement33 une architecture plus proche de la culture dite « indigène ». Ceci se traduit dans les édifices34 par l’adjonction de coupoles, de minarets, d’entrelacs d’arcatures… Ce type d’architecture marque la succession du « style du protecteur au style du vainqueur35 » dans un pays conquis intégralement. Cette tendance est considérée comme « un ensemble de plissements morphologiques définissant de grandes allures de la présence française en Afrique du Nord36 » allant du simple détail à la conception globale de l’édifice. L’architecture de la synagogue d’Oran en est un exemple. La présence de deux minarets37 sur la façade principale, de multiples coupoles, d’arcs outrepassés et cintrés, d’entrelacs… confère à la synagogue d’Oran un caractère judéo-arabe.

Les églises

Les transformations « religieuses » ont nécessité, selon le cas, des agencements différents. Dans l’ancienne église Notre-Dame-du-Travail38, désormais, mosquée El Nasr, construite sur un seul niveau, les marches de l’autel sont facilement supprimées ; cependant, le mihrab se trouve diamétralement opposé à la direction de l’abside, près de l’ancien narthex. Le minbar est constitué souvent d’une chaire en bois, posée à droite du mihrab. L’ancienne église dotée à l’extérieur d’un terrain d’une superficie importante permet de conserver la forme oblongue originelle, des espaces annexes sont édifiés à l’extérieur. Il s’agit notamment de l’espace ablutions, d’une salle de prière pour les femmes et d’une école coranique pour les enfants. Un minaret carré est construit. La cour de la mosquée est ornementée par une fontaine à ablutions. Elle est parfois construite en maçonnerie comme dans d’ancienne église Notre-Dame-de-Lourdes ; celle-ci, devenue mosquée Qubbaq, ne conserve plus sa forme oblongue. Un espace ablutions est construit dans l’ancienne cour de l’église, qui bénéficie d’une surélévation d’un étage pour la prière des femmes. La forme oblongue originelle se transforme en forme barlongue39 grâce à une nouvelle structure désignée sous le terme de « structure poteaux poutres » en béton. Ce type de structure permet d’obtenir des salles hypostyles que certains qualifient comme un retour à la genèse de la mosquée en référence à la première mosquée de Médine. Celle-ci annonçait les futures grandes salles hypostyles de la grande mosquée omeyyade de Damas, celle de Kairouan et celle de Cordoue. Dans l’ancienne église Notre-Dame-de-Lourdes, la salle hypostyle issue de la conversion est sans doute le résultat du seul savoir-faire en matériau de construction : le béton. Le mihrab et le minbar sont édifiés en maçonnerie, creusés dans le mur. Le clocher est détruit, un minaret carré est érigé à sa place.

Dans les conversions, même si la forme et le traitement varient, le minaret représente l’élément physique, symbolique et spécifique de la mosquée, il constitue un élément imposant de la façade principale et contribue à l’effet de monumentalité de cette dernière. Son emplacement n’est pas dû au hasard. Traditionnellement40, il se trouve dans l’axe même de la nef centrale sur la façade principale, un rappel de la mosquée omeyyade41. Tous les minarets adjoints dans les anciennes églises converties sont placés dans les angles, à droite sur la façade principale. Les arcatures constituent le second élément perceptible à l’extérieur. Éléments architectoniques par excellence dans la mosquée, elles sont présentes dans tous les cas de conversion, les arcatures brisées sont « remodelées42 » en arcs plein cintre ou outrepassé43. Toutes sont de forme carrée. La forme carrée et les ouvertures aveugles s’inscrivent dans la tradition des minarets phares maghrébins, élément architectural classique des mosquées d’Afrique du Nord.

Le temple protestant

L’ancien temple protestant d’Oran est converti en mosquée en 1982. Construit sur un petit terrain carré et coincé entre deux bâtiments dans l’ancien centre de la ville coloniale44, son extension reste difficile. À l’intérieur, les marches de l’autel sont supprimées, la direction de la prière est maintenue, le rez-de-chaussée et l’étage sont réservés aux hommes. La sacristie attenante de l’église est transformée en espace ablutions. L’ancienne demeure du pasteur à l’étage est convertie en école coranique et parfois en espace de prière pour les femmes. À l’extérieur, la croix gravée au-dessus de l’entrée principale a été effacée et le clocher démonté. Un minaret carré est alors édifié qui surplombe désormais l’entrée. Il se trouve ainsi dans l’axe de la nef centrale de l’ancien temple contrairement aux minarets des églises converties placés aux angles.

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L’Algérie indépendante n’a pas adopté une position régie par des conventions officielles pour le transfert des lieux de culte des deux communautés chrétienne et juive. Marquée par la volonté d’affirmer le caractère arabe et musulman de la nation algérienne, cette position semble avoir été une suite d’accords oraux. L’Église, elle, applique la loi de séparation de l’Église et de l’État pour céder plus des trois quarts de ses églises et n’en conserver que quelques-unes. Néanmoins, les transformations architecturales permettent de définir les composantes de la mosquée « algérienne ».

Les trois composantes invariantes et inamovibles sont le mihrab, le minbar et le minaret, ceux-ci sont adjoints dans tous les lieux de culte transformés en mosquées. D’autres éléments « religieux » s’ajoutent à ces modifications, notamment l’orientation ou la direction de la prière, la mise à niveau de la salle de prière, la séparation spatiale entre les hommes et les femmes et l’espace ablutions. Les nefs perpendiculaires à l’abside dans l’église deviennent parallèles au mur de la qibla ou à la niche d’orientation dans la mosquée et cela est d’ores et déjà perceptible dans la grande mosquée omeyyade de Damas :

[…] les trois nefs de la salle de prière rappellent l’architecture des églises chrétiennes. Seulement, l’orientation de la mosquée et celle de l’église sont radicalement opposées. Alors que la basilique est organisée en fonction de l’orientation de ses nefs pour déboucher sur une abside, les rangées des colonnes de la mosquée sont devant le mur de la qibla. Les croyants se mettent donc en prière parallèlement à elles45.

Des modifications qui relèvent plus du décor sont observées avec les arcatures devenues, le plus souvent, outrepassées. Néanmoins, les conversions se sont opérées aléatoirement sans permettre un brassage cultuel élaboré entre les styles architecturaux des trois religions présentes. Dans l’histoire de l’architecture religieuse musulmane, la conversion d’églises permet l’introduction de nouveaux éléments à l’exemple de l’ancienne basilique Saint-Jean de Damas. Convertie en mosquée, cette dernière porte encore aujourd’hui les traces d’un passé chrétien et byzantin, « on y conserve néanmoins aujourd’hui encore une relique chrétienne : la tête de saint Jean-Baptiste, enfermée dans un tabernacle intégré au monument46 ». Le temps n’a pas altéré l’aspect originel et toute la splendeur de l’art byzantin qui se manifeste dans la façade principale de l’actuelle mosquée de Damas. En Algérie, ces conversions révèlent les lacunes de la législation algérienne relative à la construction des mosquées. Celle-ci ne spécifie que le respect de la qibla et le caractère authentique et islamique de la mosquée. Ce dernier a ouvert la porte à toutes les interprétations architecturales désignées sous le terme d’islamique. Elles révèlent, par ailleurs, l’absence de tentative de brassages architecturaux au sein de lieux de culte de religions monothéistes. La mosquée issue de la conversion d’une église ou d’une synagogue souligne aussi la non-orthodoxie des lieux de prière. Une législation plus élaborée pourrait sans doute permettre de mieux conserver ces édifices, témoins d’un passé colonial et d’une mémoire collective.

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    Architecte, enseignante universitaire en histoire de l’architecture, Oran.

  • 1.

    Notre recherche ne concerne pas les mosquées à caractère national ou régional où l’État s’implique dans les choix architecturaux.

  • 2.

    Notamment la grande mosquée omeyyade de Damas fondée au viie siècle (entre 704 et 714) par le calife Al-Walid, et considérée comme le chef-d’œuvre de la dynastie omeyyade ; ou encore, la grande mosquée de Cordoue, fondée au viiie siècle, dès 785, par le calife Abd-Al-Rahman, après le déclin de la dynastie omeyyade et l’ascension du règne des Abbassides. Agrandie trois fois sur deux siècles, elle reste, encore aujourd’hui, le monument le plus accompli de l’art omeyyade. D’autres mosquées « locales » en Algérie témoignent de la richesse et de l’éclat de l’art almoravide et almohade, en l’occurrence, les grandes mosquées d’Alger, de Tlemcen et de Nédroma.

  • 3.

    Un plan est fonctionnel en architecture lorsque les espaces sont bien agencés, réfléchis, ce qui permet à l’édifice d’être correctement opérationnel. Par exemple, dans les mosquées maghrébines de référence, l’espace consacré aux ablutions est souvent aménagé dans la cour de la mosquée, c’est la fontaine à ablutions qui permet un accès direct à la salle de prière. Actuellement, dans certaines mosquées, cet espace est aménagé dans un lieu assez éloigné de la salle de prière et les fidèles sont ainsi contraints à se déplacer d’un bout à l’autre de la mosquée. Par ailleurs, cela fait bien longtemps que le minaret ne sert plus à l’appel de la prière. Il en est de même pour la coupole qui servait autrefois, notamment dans les zones à climats chauds, à la ventilation. Aujourd’hui, elle a un rôle esthétique équilibrant parfois la volumétrie de la mosquée.

  • 4.

    L’architectonique en architecture relève de l’ornementation et du décor ; par contre, l’architectural renvoie à la volumétrie et à la composition des espaces.

  • 5.

    Les personnes physiques sont les fidèles désignés sous l’appellation de mouhsinines (les bienfaiteurs).

  • 6.

    Le décret n° 91-81 du 23 mars 1991 relatif à la construction de la mosquée, sa fonction, son organisation et sa gestion. Décret complété par un autre promulgué en 1992.

  • 7.

    Henri Klein, « Le Vieil Alger et sa banlieue », dans Feuillets d’El Djazair (3e vol.), Alger, Imprimerie orientale Fontana Frères, 1912, p. 31 et 61.

  • 8.

    Mgr A. Georger, Contribution à l’histoire des paroisses en Algérie : la paroisse de Cherchell (1840-1910). Aspects historiques et canoniques, thèse de 3e cycle en droit canonique, université de Strasbourg, 1977, p. 44.

  • 9.

    L’ordonnance royale de 1830, affectant un aumônier par brigade, souligne d’une part les liens étroits entre la politique et la religion, d’autre part les ambitions religieuses, notamment, catholiques de la conquête.

  • 10.

    Les monuments romains font l’objet d’une multitude de relevés. Albert Ballu, le concepteur de la première cathédrale d’Oran, construite sous l’occupation française, participe aux explorations scientifiques des villes romaines notamment celle de Timgad.

  • 11.

    Hubert Lyautey, le Visage de l’autre France, Afrique du Nord, Paris, Horizons de France, sd, p. 13.

  • 12.

    Archives de l’archevêché d’Alger (Aaa) 19, Mgr Dupuch, Rapport au pape du 29 janvier 1846, p. 50-51.

  • 13.

    Aucun détail concernant cette commission (ses modalités, ses conditions) n’a été retrouvé dans les archives ni dans le Journal officiel de l’année 1962. Les seuls éléments dont nous disposons ont été trouvés dans la chronique « Algérie » de l’Annuaire de l’Afrique du Nord, 1963.

  • 14.

    Le habous est aussi appelé waqf: « Fondation pieuse au profit soit d’une institution ou de famille ». Article « Waqf », Dictionnaire encyclopédique de l’Islam, 1991.

  • 15.

    Avant la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905, les édifices religieux appartenaient aux communes, comme en témoigne incidemment la lettre émanant du ministère de la Justice et des Cultes du 18 mai 1868, donnant l’avis du Conseil d’État du 16 mars de la même année – document des archives de l’archevêché d’Alger (Aaa/204/9/5) : « […] vainement on invoquerait ce principe que les églises et presbytères sont la propriété des communes. » La loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905 a donc changé peu de choses à ce sujet en Algérie. Ce sont les finances et les objets du culte qui sont passés de la propriété des fabriques lorsque c’était le cas, à la propriété des communes.

  • 16.

    H. Michon (archevêque de Rabat), « Regardez et écoutez », Ensemble, 1998, p. 3.

  • 17.

    L’Église s’appuie sur un des articles de la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905 concernant les associations cultuelles et la loi de 1901 sur la constitution des associations. Ces deux lois sont encore aujourd’hui en vigueur.

  • 18.

    A. Devoulx, « Notes historiques sur les mosquées et autres édifices religieux d’Alger », Revue Africaine, 1860-1871, vol. 4, p. 14.

  • 19.

    Le terme Berranis signifie les étrangers, les gens de dehors. Cette ancienne mosquée ottomane a été édifiée par le bey turc d’Oran près des enceintes de la ville et destinée aux gens de passage.

  • 20.

    Date de célébration du début de la guerre de libération algérienne de 1954 qui deviendra avec le 5 juillet une fête nationale.

  • 21.

    Une correspondance non référencée aux archives de l’archevêché d’Alger, du 29 octobre 1962, adressée au préfet de police d’Alger par le vicaire général où il est question de l’autorisation d’exhumation et de transfert des corps des évêques : « Monsieur le Préfet, j’ai l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance l’autorisation de faire procéder à l’exhumation, au transfert et à une nouvelle inhumation des corps de deux évêques : Monseigneur Antoine Adolphe Dupuch, décédé le 11 juillet 1856, Monseigneur Prosper Auguste Dusserre, décédé le 30 décembre 1887. Ces corps reposent actuellement dans des tombeaux creusés sous le chœur de la cathédrale. Avec votre accord, ils seraient transportés dans l’église du Sacré-Cœur, pour y recevoir une sépulture dans les sous-sols de cet édifice religieux. Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression respectueuse de ma haute considération. »

  • 22.

    Oran était déjà connue des Romains sous le nom de Portus Divine. La ville punique des Andalouses et le site de Mers El Kébir, tous deux situés au nord-est, sont classés depuis 1956 sites historiques datant de l’époque romaine (classement publié dans le Journal officiel n° 7 du 23 janvier 1968). La situation géographique d’Oran suscite de nombreuses convoitises coloniales notamment espagnole, turque et française. Sur le plan religieux, Oran est rattachée, dès la première conquête espagnole, à la ville de Tolède. À la colonisation française, et ce jusqu’à la citation du diocèse d’Alger, son rattachement ecclésiastique est transféré à l’archevêché d’Aix-en-Provence. En 1866, elle devient diocèse en même temps que la ville de Constantine.

  • 23.

    Quand la superficie de l’ancienne église le permettait. La synagogue dotée d’une superficie importante a permis de conserver l’étage pour les femmes. L’ancienne église Notre-Dame-du-Travail, dotée d’un grand terrain, a permis de construire un espace ablutions et une salle de prière pour les femmes à l’extérieur de l’ancienne église réservée aux hommes uniquement.

  • 24.

    L’arc brisé a les deux côtés légèrement en pointe au niveau du centre de l’arc.

  • 25.

    L’arc plein cintre est l’arc en demi-cercle parfait.

  • 26.

    La direction de la prière des juifs vers Jérusalem, celle des chrétiens à l’est et celle des musulmans vers La Mecque convergent dans le cas de la ville d’Oran toutes vers l’est. C’est pourquoi, lors des conversions, l’orientation de l’ancienne église ou synagogue est maintenue. Oran comporte un seul cas où la direction de la prière de la mosquée se trouve diamétralement opposée à celle de l’église, il s’agit de l’ancienne église Notre-Dame-de-Lourdes. Les fidèles prient à présent près du narthex de l’ancienne église.

  • 27.

    La synagogue d’Oran est dotée d’un sous-sol. Sa structure est en murs porteurs en pierres de taille. Lors de la conversion, la suppression des marches de la niche pour la mise à niveau de la salle de prière a posé une contrainte structurelle importante. C’est pourquoi, la solution d’une cloison intérieure est adoptée, celle-ci est édifiée en amont de la niche, « masquant » les marches désormais en arrière-plan. À présent, cet espace sert de salle annexe pour l’imam de la mosquée.

  • 28.

    Le mihrab signifie « palais », « niche », « rentrant », « chambre », « balcon » ou « galerie » (article « Mihrab », Encyclopédie de l’Islam, 1993). Le mihrab est la niche creusée dans le mur indiquant la direction de La Mecque. Son apparition dans les mosquées daterait du début du viiie siècle ; cependant, sa genèse remonterait aux niches des synagogues primitives et des absides chrétiennes.

  • 29.

    Le minbar est l’estrade destinée à l’imam, une sorte de plancher surélevé d’où se font les annonces solennelles à la communauté des fidèles et d’où les sermons sont prononcés. Aux premiers temps de l’Islam, il est occupé par le souverain ou le gouverneur qui s’adressait de là aux musulmans lors de l’office du vendredi. Le minbar est l’espace symbolique d’autorité dans la grande mosquée autour duquel la communauté se rassemble pour le prêche du vendredi.

  • 30.

    La chaire à prêcher de l’ancienne synagogue serait sans doute le seul matériel cultuel hérité et conservé à ce jour.

  • 31.

    L. Golvin, la Mosquée : ses origines, sa morphologie, ses diverses fonctions, son rôle dans la vie musulmane, plus spécialement en Afrique du Nord, Alger, Éditions typo-litho/Jules Carbonel, 1960, 150 p.

  • 32.

    La grande poste d’Alger ou la gare ferroviaire d’Oran constituent des exemples de ce mouvement très présent en Algérie.

  • 33.

    Jonnart, gouverneur général, impose le style mauresque comme style d’État dans une circulaire datant de 1905. Une nouvelle circulaire est publiée le 4 mars 1906 pour l’utilisation du style néomauresque dans les édifices publics.

  • 34.

    De nombreux édifices témoignent encore aujourd’hui de ce mouvement, notamment, la grande poste d’Alger ou encore la gare d’Oran.

  • 35.

    François Béguin, Arabisances, décor architectural et tracé urbain en Afrique du Nord : 1830-1950, Paris, Dunod, 1983, 170 p.

  • 36.

    Ibid.

  • 37.

    Les juifs n’ont pas besoin de minarets ni de cloches pour faire l’appel à la prière. Ce dernier se faisant au son de la trompette.

  • 38.

    Le terrain arrière attenant à l’ancienne église est encore aujourd’hui propriété du diocèse d’Oran. La direction des Affaires religieuses tente juridiquement de le récupérer.

  • 39.

    Un espace barlong est conçu dans le sens de la longueur contrairement à l’espace oblong qui est conçu dans le sens de la largeur. Le schéma classique de la mosquée est souvent barlong contrairement à l’église qui est souvent oblongue.

  • 40.

    Cette tradition n’est plus respectée à partir de l’époque des Almohades.

  • 41.

    L. Golvin, la Mosquée…, op. cit., p. 55.

  • 42.

    La transformation de l’arc brisé en arc plein cintre souvent confiée à des maçons sans réelle connaissance ni savoir-faire, donne des formes aléatoires, portant des traces de remodelage maladroit, laissant souvent entrevoir des traces de l’architecture religieuse chrétienne notamment romane.

  • 43.

    Une référence sans doute aux premières mosquées de l’islam, en l’occurrence la mosquée omeyyade de Damas et Qubbat aç-Cakhra.

  • 44.

    Situé entre deux artères importantes, le boulevard Front-de-mer et la rue Khémisti.

  • 45.

    V. Enderlein, « Syrie et Palestine : le califat des Omeyyades. Architecture », dans Arts et civilisations de l’Islam, 2000, p. 64-71.

  • 46.

    Ibid., p. 67.