Faut-il brûler le modèle social français ?
Depuis ses publications sur la valeur travail et le temps des femmes, les ouvrages de Dominique Méda sont attendus avec intérêt. Elle s’est associée cette fois-ci avec un connaisseur des modèles sociaux nordiques pour répondre à l’interrogation lancinante sur le modèle social français et sa réforme (voir le numéro d’Esprit de février 2006). Loin d’affirmer qu’il y a un bon modèle social applicable, les auteurs pensent qu’il faut dissocier les outils et les valeurs liés à des cultures politiques distinctes. Si les valeurs égalitaires françaises produisent paradoxalement plus d’injustice que d’autres modèles, l’ouvrage plaide pour une adaptation qui ne se fera pas miraculeusement ou par simple mécanique technocratique. En effet, si les valeurs restent décisives, les réformes de nos politiques (emploi, social…) doivent être portées par une volonté collective. « De quoi avons-nous besoin pour mettre en place ces réformes ? Très certainement à la fois d’une vision globale et cohérente, d’objectifs précis et d’un accord entre les différentes parties. C’est d’ailleurs ce qui caractérise les pays nordiques et l’on peut se demander si, plus que leur modèle social, ce n’est pas une représentation partagée de la société et de son avenir qui explique leur succès. » Alors que l’on cède à la rhétorique et au double discours, c’est bien d’une parole politique dont la France a besoin, i.e. d’un discours global qui renvoie à l’intérêt général.
O. M.
O. M.