NATIONS ET MONDIALISATION

Les stratégies nationales de développement dans le monde globalisé


L'ouvrage prend à contre-pied et la thèse libérale de l'ouverture économique maximale, celle qui est à l'origine du consensus de Washington de 1990, et le discours critique qui voit dans la mondialisation une entreprise de normalisation homogénéisant les économies nationales. Observant que les pays qui tirent un bénéfice de la mondialisation économique, la Chine, l'Inde ou le Vietnam entre autres, sont ceux qui ont pris des libertés avec le « catéchisme de Washington », et analysant avec précision ce qu'il appelle « l'insécurité économique des pays d'Amérique latine » qui se sont comportés comme de bons élèves, il montre bien que la mondialisation économique prend corps dans des cultures politiques locales qui en apprivoisent plus ou moins les effets négatifs. Cette traduction nationale, qui ne donne pas lieu chez Dani Rodrik à une analyse de type culturaliste, est sous-tendue par l'idée que l'ouverture politique et le contrôle économique vont de pair. La question n'est plus alors : « Comment libéraliser davantage ? », mais : « Comment créer dans chaque pays l'espace politique permettant de traiter les problèmes que pose l'ouverture ? » Cet espace politique doit permettre aux pays riches de traiter le problème de l'assurance sociale et des conséquences de la libéralisation des échanges sur le travail, l'environnement et la santé ; et aux pays pauvres de mieux se positionner dans la mondialisation grâce à une diversification et une restructuration de leur économie.

O. M.


La Découverte, 2008
122 p. 20 €