L’art brut


La psychologue et psychanalyste Emilie Champenois cerne les caractéristiques de l’« art brut », expression que son inventeur, le peintre et collectionneur Jean Dubuffet définit ainsi en 1945 : « Un art libéré des contraintes élitiques traditionnelles », dans lequel « le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, [a] peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux, etc.) de leur propre fond. » Longtemps assimilé à l’extraordinaire « art des fous », réalisé par certains malades mentaux dans l’ignorance des canons de l’esthétique, le terme recouvre en réalité un spectre d’œuvres plus large, mais toujours fabriquées par des marginaux. Le dernier chapitre se demande si l’art brut est soluble dans l’art contemporain, phénomène annoncé par son institutionnalisation croissante. Dubuffet nous a pourtant mis en garde : « L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui. »

P. L.

PUF, 2017
128 p. 9 €