George Orwell

La politique de l’écrivain


Connu pour deux de ses romans, la Ferme des animaux et 1984, Orwell est aussi l’auteur d’une importante œuvre politique et journalistique, qui fait ici l’objet d’une analyse pertinente. Emmanuel Roux retrace en effet le mûrissement de l’activité politique de Orwell, à travers ses expériences de l’expérience coloniale, le passage par la rue, la guerre d’Espagne et la Seconde Guerre mondiale. Entre le nazisme, le fascisme et le stalinisme, Orwell cherche une voie intermédiaire. Contre l’idée d’une révolution violente menant vers une société utopique, c’est un socialisme démocratique que prône l’écrivain, adossé à une expérience réelle de la pauvreté. C’est la mesure qui semble définir sa démarche politique. Avec Orwell, l’homme pauvre retrouve sa dignité, la common decency et la discussion politique sont assainies, calmes, mûries. Le livre d’Emmanuel Roux conduit une analyse précise des écrits fictionnels majeurs de l’écrivain. Si les premiers romans sont ceux d’un homme qui cherche à comprendre le déclassement social, les suivants sont des plaidoyers contre tous les totalitarismes et leurs mécanismes de pouvoir. L’analyse replace les ouvrages dans la continuité d’une trajectoire où sont menées de front la politique et la recherche esthétique.

E. P.

Michalon, Le bien commun, 2015
128 p. 12 €