Le Trésor perdu de la finance folle


Dans ce recueil d’articles, le philosophe poursuit sa réflexion sur l’économie contemporaine dominée par la liquidité de l’argent. D’où vient la place prépondérante prise par l’économie financière ? La réponse ne vient pas seulement des techniques de gestion ou de l’appât du gain mais de la transformation de notre rapport à la valeur. Pour le comprendre, il faut repartir des problèmes de représentation posés par la révolution néoclassique de Walras, qui définit la valeur en fonction du besoin du consommateur, ou plus précisément de l’intensité variable de son désir. Moment de basculement des définitions : on ne peut plus référer le prix d’un objet à une grandeur objective, tout entre dans le monde fluctuant des préférences et des désirs. La monnaie elle-même, avec la fin de l’étalon-or, n’est plus ancrée dans un système de référence stable, elle devient elle-même le point de repère, tout en étant variable. Pour comprendre et présenter cette révolution de la frivolité, Jean-Joseph Goux développe trois approches : la comparaison historique entre l’évolution des notions économiques et l’histoire des idées (naissance de la psychanalyse, apparition de la linguistique…), la réflexion sur l’arbitraire du signe et notre croyance dans la monnaie, l’interrogation sur le rapport au réel construit par un jeu exubérant des signes que nous ne maîtrisons plus. Une manière indispensable d’élargir le débat économique au-delà de la corporation des économistes.

M.-O. P.

Blusson, 2013
141 p. 16 €