Le Génie de la poésie anglaise
Premier titulaire d’une chaire de littérature anglaise au Collège de France, auteur de poèmes en anglais et en français, Michael Edwards propose ici une réflexion, aussi originale qu’exigeante, sur la poésie anglaise qui est aussi l’occasion d’une comparaison discrète entre les deux langues et les deux poésies, « entre la libre exubérance de Shakespeare et l’ordre souverain et harmonieux de Racine ». Se penchant sur la langue et sur la prosodie, l’auteur s’attarde sur tous les ressorts d’une poésie qui évoque l’art des jardins anglais parmi lesquels on peut retenir les deux suivants. Tout d’abord, « cette poésie baigne dans le réel au moment même où elle vise au-delà. Elle ne recherche ni le réalisme intégral, ni l’idéalisme absolu, ni le simple factuel, ni le pur imaginaire ». Autant de signes que cette poésie n’est pas attirée par Mallarmé, par la forme pure du signifiant. Mais Michael Edwards insiste également sur l’omniprésence, à partir du XVIe siècle, de la Bible et du Livre des prières en commun de l’Église anglicane. « Les textes religieux en langue vernaculaire se sont tellement répandus, dans la conscience et dans le parler des Anglais, que leur influence est discernable chez des poètes indifférents et même hostiles à leur perspective sur la vie. » Au terme d’un ouvrage rythmé par des commentaires limpides et clairs, l’auteur souligne que la poésie est un secret partagé : la voix profonde d’une langue et le lieu secret d’un peuple.
O. M.
O. M.