L’OBSESSION DES FRONTIÈRES


Alors qu’il nous semble spontanément que la période actuelle se définit par la disparition des frontières, du fait des suppressions des barrières douanières, de la mondialisation ou du « sans-frontièrisme », l’auteur attire notre attention sur le phénomène inverse : « La production continue de frontières politiques. » Celle-ci est due en partie à la formation de nouveaux États indépendants depuis 1991 mais aussi à la volonté, moins connue, des États établis de démarquer plus précisément leurs délimitations. Cela est un effet paradoxal de l’ouverture aux échanges : un État, dans un monde fluide, doit mettre en scène une volonté de maîtrise de ses limites, mais surtout le développement des échanges s’accompagne nécessairement d’un découpage formalisé du monde. Cet ouvrage très informé est donc consacré à la « dialectique de l’ouverture économique et physique et de la consolidation territoriale ». Il entraîne le lecteur à différentes échelles (fédérale, nationale, régionale, locale) sur tous les lieux où se redéfinissent actuellement des frontières jusqu’à traiter le cas spécifique de l’Europe, qui doit aujourd’hui « régler les confins ». L’auteur distingue ici (en reprenant un article paru dans Esprit en novembre 2006) cinq scénarios différents imaginant la délimitation de l’espace européen.
M.-O. P.

Perrin, 2007
250 p. 19 €