L’EFFET DE GÉNÉRATION.

Une brève histoire des intellectuels français


En réunissant ces différents articles de revues, l’historien offre une série d’approches complémentaires sur le phénomène des générations dans la vie intellectuelle. Ces éclairages multiples permettent en effet d’enrichir l’histoire chronologique des idées en explorant cette rencontre toujours énigmatique entre une classe d’âge et un moment historique qui se cristallise sous la forme d’une génération. Depuis la date inaugurale de l’affaire Dreyfus, l’historien distingue la génération d’Agadir, celles de la Grande Guerre, de la crise (1929), de la Résistance et de Vichy, de la guerre froide, de la décolonisation, de 1968. Comme il est bien difficile de trouver d’autres labels depuis (on ne sait pas bien s’il faut croire à une «   génération Mitterrand   ») et que cette clé n’a peut-être plus lieu d’être, d’autres approches prennent le relais, comme la typologie des modes d’intervention qui permettent de distinguer intellectuel critique, organique, spécifique, professionnel, partisan ou encore anonyme. Si la démarche conduit à reconnaître un certain épuisement de la figure de l’intellectuel à la française, l’auteur souligne toujours que cela ne signifie en rien un moindre intérêt de la production intellectuelle, telle qu’elle s’observe à travers les livres ou le travail des revues…

M.-O. P.



Éditions Thierry Marchaisse, 2011
135 p. 14 €