L'Etat à l'épreuve des sciences sociales


À l’heure où l’existence du Plan est remise en cause par le gouvernement Villepin, il est intéressant de revenir sur l’histoire de la recherche en sciences sociales telle qu’elle a été pilotée par l’État en France. C’est ce que propose cet ouvrage qui évoque certaines des institutions qui ont marqué la recherche en France depuis les années 1960 (la DGRST, le moment Cordes entre 1966 et 1979, le CERFI, le Credoc) avant de distinguer entre trois types de relations orchestrées entre l’État et ses chercheurs : 1) une époque marquée par une transversalité institutionnelle, une ouverture aux sciences sociales et une asymétrie favorable aux chercheurs (1958-1980), 2) un new deal de la relation entre l’administration et la recherche (1981- 1989) favorisant l’autonomie et l’engagement, 3) une montée de l’expertise qui renverse l’asymétrie initialement favorable aux chercheurs. Une autre séquence de l’ouvrage s’arrête sur des politiques ministérielles sectorielles (Affaires sociales, Justice, Recherche urbaine, Défense…) avant de se pencher sur les formes contemporaines de l’expertise qui spécialisent les savoirs aux dépens de la transversalité. Un entretien avec Lucien Brams, l’un des acteurs majeurs de ces années-recherche, ponctue un ouvrage qui permet d’oser à bon escient des comparaisons entre hier et aujourd’hui.
O. M.

La Découverte, coll. « Recherches », 2005
384 p. 35 €