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Le journalisme gangrené par le médiatique

janv./févr. 2019

Quiconque critique à juste titre les dérives médiatiques bute désormais sur une évidence. On ne pourra bientôt plus « couvrir » ce front-là, celui des médias, en campant dans l’ironie rigolote ou le potin assassin. Un peu de sérieux, voire de gravité, s’imposeront fatalement. Et ­s’imposent déjà. Pourquoi ? Parce que cette fameuse hégémonie médiatique, qui bouscule – et parfois ruine – le fonctionnement de la démocratie, n’est pas une calamité qu’il s’agirait de dénoncer infatigablement – et vainement.

C’est une émergence nouvelle, qu’il faut, vaille que vaille, apprendre à penser. Son aggravation rend dérisoires les discours furibards, les piques mondaines ou les déplorations nostalgiques. Les médias seront toujours là demain, après-demain, et plus tard encore. Leur prêter servilement allégeance est une capitulation bêtasse, mais les vitupérer sur le mode dédaigneux n’a pas davantage de sens. Or c’est entre ces deux extrêmes que balance trop souvent le discours dominant.

Ce qu’il faudrait plutôt favoriser, c’est une maîtrise progressive, une mise à distance, un apprentissage citoyen de cet «

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Jean-Claude Guillebaud

Écrivain, essayiste, conférencier et journaliste (il a reçu le prix Albert-Londres en 1972), Jean-Claude Guillebaud est notamment l'auteur de La Tyrannie du plaisir (Points, 2007), Une autre vie est possible (Pocketn 2014) et dernièrement de La Foi qui reste (L'Iconoclaste, 2017).

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.