American Spleen
Un voyage d'Olivier Guez au coeur du déclin américain
Ce livre est riche, très riche, peut-être même un peu trop. On y parle du conservatisme américain (avec une perspective intéressante sur les Tea Parties, décrites non par leur biais religieux mais à travers le courant libertarien qui les parcourt), de l’évolution du vote des classes populaires, des échecs de la présidence Obama, des problèmes d’immigration en Arizona, du mormonisme dans l’Utah, etc. Le tout en suivant les pas du narrateur journaliste, ou plutôt le sillon creusé par les roues de sa Ford Mustang. Et c’est là que le bât blesse, car trop souvent le livre oscille entre différents genres : reportage au sens strict (avec de nombreuses transcriptions d’entretiens), tentative (peu réussie) de new journalism à la Norman Mailer, à travers la présence (intermittente) de la subjectivité du journaliste, collage de papiers sur des sujets divers, etc. Pour finir, le lecteur reste sur une impression composite. On aurait aimé, non pas en savoir plus, mais en savoir mieux, avec moins de mise en scène, et peut-être plus de cohérence. Les transformations de l’Amérique contemporaine valent bien cela.
A. B.