GLOBALISATION. Le pire est à venir
et Erik Orsenna
UN MONDE DE RESSOURCES RARES
Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2008, 224 p., 8 €
Auteurs de deux livres qui ont connu un certain succès (Le capitalisme est en train de s’autodétruire, Comment nous avons ruiné nos enfants), Artus et Virard reviennent à la charge en nous annonçant la fin de la mondialisation heureuse et les ravages à venir de la « seconde globalisation ». Toujours vifs et précis, ils mettent en avant les ressorts négatifs de la mondialisation (les titres de chapitres sont significatifs : « Le tropisme inégalitaire qui mine le tissu social et attise les tensions protectionnistes », « Le chaudron qui brûle les ressources rares », « Une machine à inonder le monde de liquidités », « Un casino où s’expriment tous les excès du capitalisme financier », « Une centrifugeuse qui peut tout faire exploser »). Le constat se passe de tout commentaire, mais il faudra bien se demander comment l’approche strictement économique, trop souvent réduite à l’ouverture du marché alors que le protectionnisme des grandes puissances n’a jamais cessé, n’a pas aveuglé sur les ruptures technologiques qui sont à l’origine de la globalisation financière, de ses prises de risque extrêmes et de son aveuglement sur les « fondamentaux » (voir leur analyse sur les subprimes). Dans le même sens, le Cercle des économistes, une institution qui réunit des spécialistes à des fins de vulgarisation des problèmes, publie coup sur coup un ouvrage collectif sur l’émergence des nouveaux capitalismes (le Bric, i.e. Brésil, Russie, Inde, Chine, mais aussi les pays de la rente pétrolière, et les fonds souverains) dont les tensions vont se multiplier, et un ouvrage sur la rareté de certains produits et matières premières, non sans rappeler que la tâche de l’économiste est de se confronter à la rareté en l’anticipant. Et si les économistes revenaient eux-mêmes à leurs fondamentaux et repensaient une économie essentiellement portée par les nouvelles technologies.
O. M.