27 QUESTIONS D’ÉCONOMIE CONTEMPORAINE
Cet ouvrage collectif est essentiellement composé de petits textes (publiés initialement dans la série « Opuscules du Cepremap » publiée par les Éditions de la Rue d’Ulm) regroupés ici autour de deux chapitres (« Paix et guerre entre les nations et les personnes », « La France et son destin ») et d’un « dictionnaire inédit abrégé de la mondialisation » qui donne à l’ensemble toute sa dimension. La question de la pertinence de l’analyse économique et de la prise en compte de la rationalité du comportement des acteurs est une ligne conductrice de l’ensemble des textes. On peut en juger par les deux premiers textes qui portent sur l’homo œconomicus. Celui-ci rend-il heureux ? se demandent Andrew Clark et Claudia Senik en soulignant que les aspirations des agents sont indissociables de l’observation des comportements d’autrui, ce qui renvoie à « l’effet tunnel » cher à Albert Hirschman (on ne réagit pas de la même manière selon que l’on est dans la file de voitures qui sort du tunnel ou dans celle qui est bloquée). Les marchés financiers sont-ils rationnels ? se demande parallèlement André Orléan. Pour lui, « l’investisseur rationnel doit tenir compte de l’opinion générale du marché pour forger un jugement sur une entreprise, en s’écartant de sa propre opinion, s’il le faut, pour activer correctement celle du marché ». Comme quoi la nécessité de comparer son opinion à celle des autres (tant sur le plan du bonheur que de la finance) est un facteur de rationalité qui peut déboucher sur des crises qui paraissent bien entendu irrationnelles. On aura compris que cet ouvrage n’est pas une simple encyclopédie mais qu’il introduit de manière originale à des interrogations sur le comportement économique mais aussi sur la science économique elle-même.
O. M.