L'Italie, Rome et moi
Ceux qui apprécient la plume du correspondant permanent à Rome du Monde retrouveront avec plaisir dans ce récit son ton ironique et sa légèreté. Ceux qui n’ont pas lu ses articles auront un aperçu des (nombreux) soubresauts politiques qu’a connus l’Italie ces cinq dernières années. Mais il faut bien dire que la « valeur ajoutée » de ce texte par rapport aux articles est bien mince. On aurait pu se dire qu’à ses moments perdus, le journaliste était sorti du centre de Rome, avait parlé à des gens qui n’étaient ni des politiques, ni son coiffeur ni son tailleur, ni des professeurs d’université. Il aurait pu nous montrer autre chose que l’obsession de Berlusconi. Mais voilà, comme il l’avoue lui-même, Berlusconi fait vendre, et permet de placer des articles qui, sur d’autres sujets, seraient sans doute refusés. On ne verra donc pas, dans ce livre, les militants du mouvement « no-Tav » (contre la liaison ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin), ni les ouvriers chinois de Prato, ni les immigrés travaillant dans les vergers du sud de l’Italie, ni les entrepreneurs prospères du Nord. En revanche, on saura tout de la lubricité sénile d’un homme politique qui réussit encore, jusque dans sa chute, à mobiliser l’attention des médias et à dominer la vie politique de son pays, qui continue de s’enfoncer dans la crise.
A. B.