Internet et politique en Chine


Alors que les printemps arabes ont mis en avant le rôle du web et l’importance des réseaux sociaux dans le déclenchement des mouvements de révolte contre des pouvoirs répressifs, il est apparu que les États cherchaient simultanément à contrôler les hackers et internautes en tous genres. Cela vaut pour l’Égypte, la Syrie, l’Iran, mais aussi pour la Chine, qui est un régime désireux de contrôler toutes les formes de contestation et de dissidence. L’originalité de l’ouvrage de Séverine Arsène réside dans l’analyse de la pluralité des formes d’expressions possibles des réseaux sociaux et de leur contribution à la formation d’espaces publics inédits. Ce qui la conduit à distinguer, dans les deux derniers chapitres de son ouvrage, les plus novateurs, ce qu’elle nomme d’une part « les postures diverses de la prise de parole » (la circulation silencieuse des causes politiques, l’acquiescement comme chambre de résonance, le rôle charnière des porteurs de cause) et « la gouvernance chinoise de l’opinion publique » (l’avènement d’une opinion publique restreinte, l’opinion publique au service de la gouvernance, l’opinion publique comme enjeu de pouvoir). C’est donc bien, dans le cas de la Chine, une transformation complexe et polymorphe de l’opinion pu blique et de gouvernance qui est mise en œuvre du fait de la confrontation de l’État et du web.

O. M.

Karthala/Recherches internationales, 2011
420 p. 29 €