ChongQing, Chine via unsplash.com
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Le pouvoir numérique chinois

entretien avec

Séverine Arsène

décembre 2020

La politique de contrôle numérique mise en place par le régime chinois a fait couler beaucoup d’encre en Occident. Pourtant, les rouages du système de « crédit social » sont encore mal connus. Conçu en premier lieu pour garantir le maintien de l’ordre public, ce dispositif révèle des tensions entre le gouvernement et les entreprises privées.

Depuis une quinzaine d’années, Séverine Arsène mène des travaux de recherche sur différents aspects de la politique numérique du gouvernement chinois1. Ces travaux portent tant sur le développement industriel et commercial des technologies de l’information et de la communication que sur les transformations des méthodes de surveillance et de propagande, les stratégies d’influence à l’étranger ou encore le développement du système de crédit social. Alors que la conjonction, en Chine, de méthodes de gouvernement autoritaires avec le développement volontariste des technologies numériques est l’objet d’une certaine fascination en Occident, nous avons souhaité l’interroger sur le fonctionnement et les caractéristiques de ce nouveau pouvoir numérique chinois.

 

Le contrôle de l’information et de la communication joue manifestement un rôle central dans la consolidation du régime de Xi Jinping et du pouvoir exclusif du Parti communiste chinois. Vous mettez toutefois en évidence, dans plusieurs de vos articles, une part de fantasme dans nos représentations de ce pouvoir numér

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Séverine Arsène

Docteure de l'IEP de Paris (2009), Séverine Arsène est politologue et sinologue, chercheuse associée au Médialab et ambassadrice du Médialab vers la Chine et l'Asie. Ses recherches portent sur la stratégie numérique de la Chine.

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Source d’inquiétude autant que de fascination, la Chine continue de représenter une énigme. Le socialisme « aux couleurs de la Chine » conjugue en effet un capitalisme sauvage avec un pouvoir centralisé dans une synthèse politique inédite. Le dossier explore le nouveau souverainisme, le pouvoir numérique, le rapport aux minorités et la gestion de l’épidémie. À lire aussi : projet de danger perpétuel, du fanatisme à la radicalité, la dissidence discrète de Marc Fumaroli, pour une philosophie de la préhistoire et la controverse Kundera.