CITOYEN SANS FRONTIÈRES

Conversations avec Jean-Michel Helvig



Dans les Mémoires de Pierre Vidal-Naquet évoquées dans le présent numéro, la figure de Stéphane Hessel est souvent présente, tout comme celle de Germaine Tillion. Ce sont des histoires, des courages, des destins exceptionnels qui ne sont pas l’occasion d’une « héroïsation » hâtive ou abusive. Stéphane Hessel est discret sans être secret, on le connaît comme l’un de ceux qui ont accompagné avec ténacité le combat des sans-papiers. On sait également qu’il est le fils de Franz Hessel, l’auteur de Souvenirs de Berlin, et de Helen Grund, le couple cher à Truffaut dans Jules et Jim. Pour le reste, on a entendu parler de sa fausse mort dans un camp nazi, du résistant, du diplomate, du politique (homme de clubs, depuis le club Jean Moulin jusqu’au collège Millénium) mais aussi du poète qui connaît la langue germanique à merveille (voir Ô ma mémoire, la poésie, ma nécessité, Le Seuil, 2006). Homme de langue et de culture, cosmopolite européen, Hessel est un politique qui regarde toujours du côté de la morale et du monde international. Voilà ce qui explique sa proximité avec Pierre Mendès France dans ce livre où il raconte de nombreux épisodes liés à la décolonisation, en Indochine ou ailleurs, qui sont autant d’éclairages originaux sur l’histoire française.

O. M.

Fayard, 2008
330 p. 20 €