Notes de lecture

Dans les forêts de Sibérie

novembre 2011

#Divers

Cet ouvrage livre une expérience d’écriture dans la plus haute des solitudes. L’auteur a décidé de vivre seul durant six mois dans une cabane au bord du lac Baïkal, avec pour seuls compagnons des livres qu’il commente au fil du journal qu’il a décidé d’écrire. Ce journal est d’abord un essai rousseauiste sur la solitude et l’exigence vertueuse qu’elle implique. « L’ennui ne me fait aucune peur. Il y a morsure plus douloureuse : le chagrin de ne pas partager avec un être aimé la beauté des moments vécus. La solitude : ce que les autres perdent à ne pas être auprès de celui qui l’éprouve. » Mais, au-delà de ce sentiment d’absence, le solitaire qui doit s’astreindre au devoir de vertu ne peut se permettre la moindre cruauté, ce que Rousseau perçoit dans la cinquième de ses promenades. « L’homme civil veut que les autres soient contents de lui, le solitaire est forcé de l’être lui-même ou sa vie est insupportable. Aussi, le second est forcé d’être vertueux. » Mais la vie glacée en Sibérie passe par la dureté, l’alcool, le froid et la présence de Russes d’où ressort, sous la plume de Sylvain Tesson quand il &e

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, 2011
272 p. 17,9 €

Sylvain Tesson

Géographe de formation, Sylvain Tesson est désormais écrivain et voyageur. Son aventure commence en 1991, en Islande ; s’ensuivent d’autres périples, en Russie, en Asie centrale et en Sibérie notamment. Il fut lauréat du prix Goncourt de la nouvelle avec Une vie à coucher dehors (La Loupe, 2009), ainsi que du prix Médicis essai pour Dans les forêts de Sibérie (La Loupe, 2011) et du prix Renaudot,…