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Répétitions et régressions : une exception espagnole ?

septembre 2017

#Divers

Il est difficile de savoir si Benoît de Nursie, le fondateur de l’ordre des Bénédictins, eut vraiment conscience d’être le témoin de la « fin d’une civilisation » lorsque, en 529, il lui fallut fuir le monastère du Mont-Cassin, au milieu des ruines de l’Empire romain – ou si, bien plus probablement, il considéra alors vivre les « derniers jours » qui annonçaient et retardaient à la fois l’inexorable retour du Christ. Ce qui est certain, c’est que la conception chrétienne du temps – contrairement à la conception grecque, circulaire, et à la conception gnostique, verticale – étirait ce dernier de manière à en faire un continuum linéaire, qui, déplacé de la sphère du salut vers la sphère sociale, engendra, de différentes façons, les concepts d’histoire propres aux Lumières et à la civilisation capitaliste. Pour les chrétiens d’alors, l’histoire était en régression constante ; pour les modernes, elle était, depuis la Révolution française et la révolution industrielle, en progression constante. Dans les deux cas, cependant, elle se déroulait sans pause, avec ses hauts et ses bas, en direction de son heureux dénouement. Depuis la formalisation de cette idée par Hegel en 18071, l’humanité occidentale a vécu chacune de ses crises et chacune de ses gue

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ALBA RICO Santiago

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Ce dossier politique prend acte de la rupture introduite par l’élection d’Emmanuel Macron et formule certains paris sur l’avenir de la représentation politique, l’école et l’Etat de droit. La France, selon Anne-Lorraine Bujon et Antoine Garapon, peut devenir un laboratoire démocratique par le réveil de son esprit civique dans ce moment de transition. Lire aussi les pérégrinations de Montaigne en Irak et l’exception espagnole à l’âge de la régression.