La mémoire du stalinisme dans la Russie de Poutine : continuité ou rupture ?
Comment Staline est-il vu aujourd’hui en Russie ? Si sa réhabilitation au nom de la grandeur héroïque témoigne de l’emprise du nationalisme dans la vie politique, le discours officiel reste divisé et insiste aussi sur la terreur totalitaire.
Dans les pays « postcommunistes » d’Europe centrale et orientale, la quête d’une nouvelle « identité nationale » et la légitimation des nouveaux pouvoirs se sont appuyées, et continuent de s’appuyer à des degrés divers, sur une réécriture du passé et une réinterprétation d’événements ou de personnages historiques. Si les dirigeants politiques jouent un rôle important dans ce processus, les intellectuels (universitaires, journalistes, écrivains, artistes) font, eux aussi, volontiers usage du passé.
De même, les opinions publiques ont profondément et rapidement évolué, de sorte que les visions officielles de l’histoire, imposées par les pouvoirs communistes, ont cédé la place à des représentations multiples du passé, qui puisent tantôt dans les traditions nationales, tantôt dans les influences extérieures, occidentales avant tout. Dès la disparition des régimes communistes, le processus de réévaluation du passé a ainsi engagé tant les forces politiques, les élites intellectuelles que les opinions publiques, sans qu’il ne soit toujours aisé de discerner le rôle et l’influence de chacune d’entre elles dans ce processus.
La désorientation
La Russie ne fait pas exception. La perestroïka (1985-1991) puis l’éclatement de l’Urss en août 1991 ont profondément bouleversé les schémas d’explication historique de l’époque soviétique, qui ont été massivement rejetés, alors que l’interprétation marxiste-léniniste de l’histoire était vouée aux gémonies. Les historiens ont été invités, selon l’expression de Gorbatchev, à combler les « taches blanches » de l’histoire. Ainsi, des pans entiers du passé, auparavant soumis à la censure (notamment le tsarisme et le stalinisme), ont fait l’objet de recherches historiques et ont été réinterprétés. Durant la perestroïka, la réévaluation de l’histoire, son réexamen permanent, en particulier de l’époque soviétique, ont laissé les enseignants d’histoire désemparés, livrés à eux-mêmes. La crise a été si importante qu’en mai 1988, les examens d’histoire et les programmes obligatoires ont été supprimés dans les écoles.
Jusqu’au début des années 1990, les années staliniennes ont été majoritairement perçues par les opinions publiques, confortées par le grand nombre d’articles publiés dans les revues historiques et fondés sur de nouveaux matériaux d’archives enfin accessibles aux chercheurs, comme une période de terreur, d’épreuves et d’annihilation de l’individu. Lénine, figure sacralisée durant près de soixante-dix ans, était désormais considéré comme le créateur d’un système perçu comme criminel. Dans les nouveaux manuels scolaires d’histoire, publiés dès 1993, le mythe fondateur de la « Grande Révolution socialiste d’Octobre » était souvent représenté comme une sorte de « catastrophe naturelle », un « accident de l’histoire », dont les bolcheviks auraient su machiavéliquement profiter en raison du manque de perspicacité et d’audace politique des autres dirigeants politiques. D’ailleurs, il ne s’agissait plus d’une « révolution », mais d’un « coup d’État », décidé par les seuls bolcheviks, le terme « coup d’État » soulignant que la prise de pouvoir avait été réalisée par un petit groupe d’individus isolé, mais organisé et discipliné.
Parallèlement, comme l’a notamment montré l’historienne Maria Ferretti dans ses travaux consacrés à la mémoire historique en Russie1, une image enjolivée de la Russie de l’Ancien Régime, y compris de sa monarchie, s’installait peu à peu ; une image qui faisait trop souvent oublier qu’au début du xxe siècle, l’Empire russe traversait une crise sociale et politique profonde que la guerre de 1914 ne fit qu’accentuer. La période de l’Urss était en quelque sorte mise entre parenthèses. Ainsi s’opérait une continuité historique entre un Empire russe aux traits idéalisés, qui, selon l’interprétation commune, se serait tôt ou tard transformé en un régime de type occidental et constitutionnel, et une Russie postsoviétique qui, au début des années 1990, ne jurait que par le « modèle » libéral et démocratique occidental, par les réformes et l’économie de marché.
Une évolution s’est produite dans la représentation du passé soviétique au cours des années 1990. Alors que la Russie traversait une crise sociale, politique et économique profonde qui atteignit son pic en 1998, les images du passé soviétique devenaient aux yeux de larges couches de la population moins sombres à mesure qu’elles s’éloignaient dans le temps2. C’est ainsi que la période soviétique a peu à peu été réintégrée dans la mémoire historique : l’époque de Brejnev tout d’abord, mais aussi, progressivement, la figure de Staline et l’époque stalinienne. Dès le milieu des années 1990, selon de nombreux sondages, Staline était perçu par un nombre croissant de citoyens russes comme un des plus grands chefs d’État du xxe siècle et comme le maître d’œuvre de la « Grande Victoire ». Cette évolution a également été constatée du côté des élites, que ce soit dans le monde politique ou les médias.
Dès le début des années 2000, la vision d’un pays victorieux est devenue centrale pour le nouveau pouvoir politique, qui, en refondant sa légitimité, en est venu à s’intéresser de plus près à la vision du passé. Dès le début de son mandat présidentiel, Vladimir Poutine a manifesté de l’intérêt pour le contenu des manuels scolaires d’histoire russe, en particulier en ce qui concerne les xxe et xxie siècles. Comme il l’a expliqué lors d’une rencontre avec des historiens, il ne s’agit désormais plus de souligner les « aspects négatifs de l’ancien système », mais de susciter chez l’écolier un sentiment de fierté à l’égard de l’histoire de son pays. En ce qui concerne la période stalinienne, aussi bien dans les médias que dans les productions pédagogiques, voire dans l’écriture de l’histoire de façon générale, les grands axes et moments de la politique stalinienne sont de plus en plus souvent présentés sur un mode de justification et de légitimation. Le pic de la réévaluation positive de la figure et du rôle politique de Staline est atteint en 2007, avec la publication de nouveaux manuels d’histoire consacrés à l’histoire du xxe siècle et du début du xxie siècle et faisant partie d’un important projet d’élaboration de nouveaux standards d’éducation au niveau fédéral3.
Ces manuels, publiés alors que tous les sondages témoignaient de la haute popularité de la figure de Staline au sein de la société russe, ont rapidement suscité des polémiques farouches dans certains médias et ont scandalisé une partie de la communauté historienne. En effet, la violence politique, les répressions exercées à l’égard des citoyens, la famine des années 1932-1933, la Terreur de 1937-1938 y sont présentées comme une conséquence, certes malheureuse mais cependant inévitable, de la « modernisation forcée » du pays, grâce à laquelle, expliquent les auteurs, l’Urss a pu vaincre l’Allemagne nazie. La période stalinienne est donc décrite comme une période de sacrifice certes, mais surtout de grandeur, de réussite et de gloire, alors que les années poststaliniennes sont dépeintes comme une période de lent affaiblissement du pays, en raison d’erreurs des dirigeants politiques, qui mènent, avec Gorbatchev, à la « catastrophe », c’est-à-dire à la chute de l’Urss. Quant à la Russie postsoviétique, elle est présentée comme un pays à la dérive, jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, qui transforme à nouveau, selon les auteurs, la Russie en un État puissant4. La Russie peut et doit être fière de son histoire, confiante en son avenir, tel est le message principal contenu dans ces manuels, qui, s’ils ne sont pas les seuls manuels scolaires d’histoire russe du xxe siècle aujourd’hui disponibles sur le marché, sont toujours placés bien en vue dans les librairies.
Renouer avec la grandeur
Un pays fier de son histoire : telle est l’image que la Russie a voulu transmettre lors des commémorations grandioses organisées en mai 2010 pour le 65e anniversaire de la capitulation allemande. Les commémorations de la « grande Victoire », qui a coûté à l’Urss plus de 26 millions de victimes, civiles et militaires, restent aujourd’hui en Russie la seule fête héritée de l’époque soviétique encore en vigueur. Mais il s’agit également du seul événement historique qui semble réconcilier, unir les Russes. Car, au-delà des parades grandioses et des discours officiels, cet anniversaire est aussi, on l’oublie trop souvent, une fête familiale, parfois même une fête de quartier, un moment social qui permet de se réunir autour des « anciens » et de manifester sa gratitude aux vétérans de la guerre. « Souviens-toi », « sois fier », tel est le message principal qui a retenti bien avant l’événement déjà, sur les affiches bien sûr, dont les villes du pays ont été recouvertes depuis le mois d’avril, mais également à la télévision, la Russie subissant chaque année durant les semaines qui précèdent et suivent le 9 mai un véritable assaut télévisuel de films consacrés à la « grande guerre patriotique ». Sans oublier encore le numéro gratuit qui a permis de télécharger des chansons de l’époque de la guerre sur son téléphone portable. Et nombreux sont ceux qui, des semaines durant, ont arboré fièrement le petit ruban de Saint-Georges (orange rayé de trois bandes noires), ce symbole de la Victoire du peuple soviétique sur les nazis et de la reconnaissance éternelle aux vétérans de la guerre.
Un sentiment de fierté, d’orgueil même, que peu de Russes semblent prêts à partager avec les pays alliés. Ainsi, lorsque les Moscovites ont aperçu des troupes de quatre pays de l’Otan (Grande-Bretagne, États-Unis, France et Pologne) défiler pour la première fois sur la place Rouge lors de la grande parade militaire du dimanche matin, beaucoup se sont dits choqués, comme si c’était un morceau de « notre Victoire » qui leur échappait. Car selon les sondages, ils sont encore une minorité en Russie à considérer que la Victoire puisse également être l’affaire des pays alliés : « Les Anglais et les Américains n’ont rien à faire ici. N’est-ce pas nous qui avons sauvé l’Europe ? », pouvait-on entendre dans les rues bondées de la capitale lors des festivités organisées par les autorités de la ville, et qui se sont terminées par un gigantesque feu d’artifice.
La publication des nouveaux manuels scolaires, le décret présidentiel signé le 19 mai 2009, au lendemain du 64e anniversaire de la Victoire, sur la création d’une Commission de lutte contre les tentatives de « falsification de faits et d’événements historiques réalisée dans le but de porter atteinte aux intérêts de la Russie », la restauration en août 2009 dans la station de métro Kourskaïa à Moscou de l’inscription en l’honneur de Staline (paroles de la deuxième strophe de l’ancien hymne soviétique, composées en 1944, et qui disparaissent de l’hymne soviétique à nouveau modifié en 1977), ou encore, dernièrement, l’ampleur des festivités organisées à l’occasion du 65e anniversaire de la Victoire, tels sont quelques exemples, de l’avis de nombreux historiens, sociologues, politistes ou journalistes russes, de la tentative du pouvoir politique qui chercherait à définir les lignes directrices du discours historique, à redonner une vision positive de la figure de Staline ainsi qu’à réhabiliter la grandeur de l’histoire russe et soviétique.
Certes, les commémorations de mai 2010 ont montré que les autorités politiques russes ont à cœur de contrôler les interprétations au sujet du rôle et des actes de l’URss durant la Seconde Guerre mondiale. Les commémorations ont montré qu’elles ne veulent que personne n’oublie le poids décisif de l’armée soviétique dans la victoire sur les nazis, ni l’engagement collectif dans le combat pour la patrie et les souffrances endurées par le peuple soviétique. Les films passés en boucle à la télévision sont d’ailleurs là pour rappeler l’horreur de la guerre, les morts, mais également le sacrifice, l’héroïsme et l’abnégation des hommes et des femmes soviétiques. Le faste des commémorations, les dimensions prises par la parade militaire du 9 mai, la plus importante organisée depuis la chute de l’Urss en 1991, ont clairement démontré que les autorités politiques souhaitent que chacun se souvienne que l’Urss fut un pays puissant, dont la Russie actuelle est la digne héritière. Enfin, si à la télévision, les films de guerre dépeignent, outre le courage et l’héroïsme, l’horreur, les souffrances et la mort, sur les affiches, tous ont vu non pas la guerre dans toute son horreur, mais des images de soldats de retour au pays, souriants, accueillis avec des fleurs par une population heureuse et reconnaissante. Une image de la guerre gagnée. Une histoire faite de victoire et de gloire.
Staline réhabilité ou controversé ?
Toutefois, ce que les commémorations de la Victoire ont également indiqué, c’est qu’il n’y a pas, aujourd’hui en Russie, de réhabilitation officielle de Staline. Et les portraits de Staline aperçus dans plusieurs villes de Russie, ainsi par exemple sur un bus à Saint-Pétersbourg, n’y changeront rien : il s’agit à chaque fois d’initiatives locales. Dans la capitale russe, Staline a brillé par son absence. Les autorités de la ville de Moscou ont fait durer le suspens durant plusieurs semaines, affichant leur ferme intention d’exhiber le portrait de Staline dans les rues. Finalement, rien de tout cela n’a eu lieu. Et ce ne sont probablement pas les réactions scandalisées des organisations de défense des droits de l’homme en Russie, en particulier celles de l’association Memorial, qui les ont arrêtées. On peut également douter qu’elles aient été préoccupées par les réactions internationales. Plus vraisemblablement, le fait que le Kremlin n’a pas soutenu la mairie de Moscou a dû jouer un rôle décisif dans le recul des autorités de la ville.
Pendant longtemps, la position du Kremlin vis-à-vis de la figure et du rôle de Staline a suscité des interrogations et des interprétations diverses de la part des observateurs russes et étrangers. Le 30 octobre 2007, le président Vladimir Poutine était allé se recueillir à Boutovo, dans la banlieue de Moscou, lieu tristement célèbre des purges staliniennes de 1937, là où chaque année sont commémorées les victimes des répressions politiques. Ce qui ne l’avait pas empêché, la même année, de soutenir la publication des nouveaux manuels scolaires dans lesquels les méthodes staliniennes, répressions y comprises, sont justifiées par la nécessité d’industrialiser et de « moderniser » le pays en un temps extrêmement court et dans un contexte international hostile. Le président Dmitri Medvedev semble moins ambigu. Le 30 octobre 2009, il a affirmé que les répressions staliniennes constituent une des plus grandes tragédies de l’histoire russe. Aucune réalisation, aucun succès économique ou politique, aucun développement national ne saurait être atteint au prix de sacrifices d’êtres humains. Rien ne peut justifier les répressions, et la Russie doit se souvenir de ses victimes, a-t-il ajouté.
Un pas a encore été franchi en mai 2010. Dans un entretien exclusif accordé au quotidien Izvestia, transmis à la télévision russe et immédiatement disponible sur l’internet, Medvedev s’est exprimé sans équivoque sur la politique de Staline et, d’une façon plus large, sur le régime soviétique, qu’il a qualifié de « totalitaire », « les droits élémentaires et la liberté » y ayant été « écrasés ». Quant à Staline, il a accompli « de nombreux crimes contre son propre peuple ». Et ces crimes ne peuvent lui être pardonnés, malgré les succès obtenus dans certains domaines. Surtout, Medvedev a souligné qu’il s’agissait ici non pas d’un point de vue personnel, mais du point de vue officiel, celui de l’État russe. Les individus ont le droit d’aimer ou de haïr Staline, a-t-il ajouté. Toutefois, ces « appréciations personnelles ne doivent pas influencer le point de vue de l’État ». Il n’y a pas, aujourd’hui en Russie, comme le soutiennent certains, a affirmé Medvedev, de retour au stalinisme ou à certaines de ses valeurs, et il n’est pas question « d’utiliser des affiches quelconques » pouvant donner l’impression d’un retour à la « symbolique de l’époque soviétique ». Telle est « l’idéologie de l’État, et mon avis en tant que Président de la Fédération de Russie ».
Là encore, de nombreux observateurs russes et étrangers ont exprimé leur scepticisme quant à la réelle volonté politique du pouvoir russe de revisiter le passé soviétique, en particulier stalinien. Ce discours, écrivent-ils, doit être suivi d’actes. Certes. Mais faut-il pour autant ne pas accorder d’importance à ces paroles présidentielles fortes, qui tranchent résolument non seulement avec les signaux ambigus de ces dernières années, mais également avec le message contenu dans certains manuels d’histoire publiés avec le soutien du ministère de l’Éducation et consacrés à l’histoire soviétique ? Les paroles du président fustigeant les « crimes impardonnables de Staline » et qualifiant le régime soviétique de « totalitaire », terme qui, précisément, est rejeté par les auteurs de ces manuels, ne doivent pas être minimisées. Par ce discours, le président russe a exprimé non pas un avis personnel, mais la position officielle, celle de l’État russe. Et il a été entendu jusqu’aux provinces les plus éloignées du pays.
À l’heure où nombreux sont ceux qui, parmi la jeunesse russe, vénèrent encore Staline, souvent sans connaître la vraie nature du régime stalinien, un tel discours, qui reflète la position officielle, est, d’un point de vue symbolique, fondamental. Et qui sait ? Si ces paroles avaient résonné quelques années plus tôt, la réévaluation positive de la politique de Staline, la justification, par certains historiens, intellectuels ou hommes politiques, inacceptable d’un point de vue moral, des crimes accomplis à l’époque stalinienne, n’auraient peut-être pas pris une telle ampleur. En Russie, les polémiques sur Staline, la « guerre » à laquelle se livrent les différentes mémoires de Staline ne sont pas terminées, elles continueront encore longtemps à agiter, à diviser les esprits. Il y aura encore des tentatives de réhabiliter ce tyran que fut « le petit père des peuples ». Toutefois, le discours fort du président de la Russie mérite d’être souligné. Il marque, nous semble-t-il, un tournant.
- *.
Fonds national suisse de la recherche scientifique, université de Genève.
- 1.
Maria Ferretti, La Memoria mutilata, Milan, Corbaccio, 1993 ; « L’identità ritrovata. La nuova “storia ufficiale” della Russia di Putin », Passato e presente, septembre-décembre 2004, no 63, p. 49-62.
- 2.
Voir par exemple les nombreux sondages et études réalisés par les chercheurs du centre analytique de Iouri Levada (anciennement VTsIOM, Centre fédéral d’études de l’opinion publique), Moscou.
- 3.
A. F. Filippov, Novejšaja istorija Rossii, 1945-2006, manuel pour les enseignants, Moscou, Prosveš?enie, 2007. A. A. Danilov, Istorija Rossii, 1900-1945, manuel méthodique, Prosveš?enie, 2008. Danilov est aussi l’auteur d’un manuel destiné aux écoliers de 11e classe : Istorija Rossii, 1945-2008, Prosveš?enie, 2008.
- 4.
Korine Amacher, « Les manuels d’histoire dans la Russie postsoviétique : visions multiples et nouvelles tendances », Le Cartable de Clio. Revue suisse sur les didactiques de l’histoire, éd. Antipode, no 9-2009.