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68, le conflit des interprétations. (Entretien)

mai 2008

La critique de 68 est devenue un exercice aussi rituel que sa célébration. En passant en revue de manière systématique la littérature anti-68, Serge Audier montre la persistance des arguments et leur circulation à travers les familles intellectuelles françaises depuis 40 ans, ce qui conduit à relativiser les conflits d’interprétation sur le sujet.

Esprit – Les événements de mai 1968, selon un constat général, suscitent un commentaire proliférant, une masse de discours sur les discours parfois vertigineuse. Pourtant, les argumentaires qui sont présentés pour critiquer 68 sont à la fois très répétitifs et fixés presque in nuce, dès le début. Comment expliquer la permanence et la plasticité de critiques qui se perpétuent au fil des années, comme l’idée que Mai 68 aurait été un mouvement « hédoniste », une critique qui passe en quelques années du répertoire communiste au répertoire conservateur ?

Serge Audier – Ce qui est frappant, en effet, c’est la réduction précoce de la révolte étudiante à l’hédonisme, à l’individualisme, etc. Mais il y a des étapes : en germe dès 68, cette interprétation est génér

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