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Pirates en réseau : détournement, prédation et exigence de justice

juillet 2009

#Divers

Les technologies numériques offrent de nouvelles terres vierges à conquérir. Elles sont donc aussi le lieu de conflits autour de formes d’appropriation, de contrôle d’accès et de construction de rentes qui opposent acteurs économiques et usagers « pirates ». En quoi leur défense de la liberté se distingue-t-elle d’une demande de prédation illimitée ?

Janvier 2007 : le plus gros site de référencement de liens vers des copies illicites de musiques et de films, The Pirate Bay, sort de l’ombre. Jusqu’alors, ce serveur suédois cultivait la discrétion et refusait de se justifier ; même les caricatures qu’il forgeait pour se désigner – le pavillon noir, les forbans, « nous sommes les ennemis du genre humain » – participaient du déni du mal causé. Par l’exagération outrancière, ils faisaient le choix de se dérober par avance à l’accusation. Or, là, brusquement, tout change. Cette bande de jeunes qui, jusqu’alors, arrangeait l’échange clandestin de torrents de liens, apparaît au grand jour, s’organise en mouvement, et passe aux alliances politiques. Ils se placent sous le feu des caméras en médiatisant le rachat d’une plate-forme située dans les eaux internationales, pour échapper aux lois sur la propriété intelle

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