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Pouvoir mourir et pouvoir tuer. Questions sur l'héroïsme guerrier

janvier 2011

#Divers

Le discours patriotique a longtemps identifié l’héroïsme à la grandeur du sacrifice de celui qui expose sa vie. Le pouvoir de tuer, qui est aussi au centre des guerres, longtemps euphémisé, est désormais mis en évidence dans une lecture anthropologique plus pessimiste de notre histoire. Comment ce renversement s’est-il produit ? Que dit-il de notre rapport au passé et à l’État ?

Le point de départ de cette réflexion est le jugement critique d’un historien sur un philosophe. Reinhart Koselleck définit la théorie de l’histoire comme la recherche de ses conditions de possibilité, et il voit une esquisse de ce projet dans le maître ouvrage de Heidegger, Être et temps. Mais les catégories heideggeriennes sont à ses yeux encore insuffisantes, sans doute trop peu réalistes, pour rendre compte des conditions de l’histoire. Il propose un élargissement de ce qu’il appelle « l’anthropologie historique1 », en premier lieu sur le point suivant. Heidegger soutient que « le propre être vers la mort, c’est-à-dire la finitude de la temporalité, est la raison secrète de l’historicité du Dasein2 ». Or, le « devancement de

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